FMC l'étoile

           Rhumatologie             

Anti-inflammatoires non stéroïdiens

Thème 1996

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Dans les rhumatismes inflammatoires chroniques la posologie minimale efficace d'AINS doit ête recherchée en fonction de l'état clinique (posologie la plus faible susceptible de contrôler la douleur et/ou la raideur). Lors des rémissions, l'attitude la plus rationnelle est l'arrêt du traitement avec reprise en cas de rechute (accord professionnel fort).
  Dans les lombalgies et/ou lombosciataIgies aiguës, et les rhumatismes abarticulaires en poussée, une réévaluation clinique est nécessaire avant de prolonger éventuellement le traitement au delà d'une dizaine de jours.
  Il n'est pas conseillé de poursuivre un traitement par AINS au long cours dans les lombalgies et radiculalgies chroniques.
  Dans les pathologies arthrosiques, les AINS peuvent être prescrits en cas de poussée douloureuse aiguë, après échec des antalgiques et des autres thérapeutiques. Il n'est pas conseillé de poursuivre un traitement par AINS au long cours dans les pathologies dégénératives en dehors des poussées douloureuses.
  La meilleure prévention des complications gastro-duodénales sévères ( uIcère gastroduodénal, hémorragie digestive, perforation) est d'éviter la prescription chez les sujets à risque (sujets âgés de plus de 65 ans, antécédents d'ulcère gastroduodénal). Ces complications peuvent survenir à la phase précoce du traitement (1° mois), et sont dose-dépendantes. Pour cette raison, il ne faut pas prescrire d'AINS à des doses supérieures aux doses recommandées ni associer deux AINS. Ces prescriptions sont inefficaces et augmentent les risques de complications gastro-duodénales graves.
  Lorsque la prescription d'un AINS est nécessaire chez un sujet à risque, un traitement préventif par misoprostol peut être utilisé à la dose recommandée par l'AMM. Si le misoprostol peut réduire les risques de complications, il ne met pas totalement les patients à l'abri de complications gastro-duodénales graves, et la surveillance doit être maintenue. Reste inconnu l'intérêt d'un traitement préventif au long cours ou au contraire pour des durées très brèves (inférieures une semaine) - ce dernier cas correspondant à des situations cliniques fréquentes.
  Il n'existe aucun traitement capable de prévenir totalement les complications gastro-duodénales graves chez les patients sous AINS.
  Les indications de l'endoscopie et la conduite à tenir selon les résultats devraient faire l'objet d'une conférence de consensus.
  Les AINS doivent être évités chez les sujets à risque d'insuffisance rénale aigüe fonctionnelle (âge > 75 ans, traitements par les diurétiques, traitement par les inhibiteurs de I'enzyme de conversion, déshydratation, régimes désodés, insuffisance cardiaque, rénale, ou hépatique). En cas de nécessité, il est logique d'éviter de prescrire des produits à demi-vie longue.
  Chez les sujets de plus de 70 ans qui ont des risques digestifs et des risques élevés d'insuffisance rénale aiguë fonctionnelle ainsi que d'interactions médicamenteuses, il convient de respecter les recommandations suivantes:
    - réduire les doses en fonction du poids,
    - éviter les molécules à demi-vie longue,
    - éviter les indoliques qui augmentent le risque de chutes,
    - s'assurer impérativement que la clairance de la créatinine (obtenue facilement partir de la créatininémie par la formule de Cockcroft ou l'abaque Kampman) est supérieure à 30 ml/min avant de débuter le traitement,
    - prescrire un protecteur gastroduodénal efficace (le misoprostol estle plus justifié dans l'état actuel des connaissances et le seul à avoir l'AMM),
    - surveiller la tension artérielle si le sujet est hypertendu ainsi que la prise de poids et la survenue d'oedèmes des membres inférieurs.
  Toute prescription d'AINS doit faire l'objet d'une estimation du rapport bénéfice-risque en fonction de l'existence de facteurs de risque (qui peuvent d'ailleurs être intriqués) et de l'indication.
  Il peut être dangereux d'associer un traitement AINS par voie générale à de l'aspirine à doses supérieures à 500mg/jour et aux AINS à doses antalgiques. Il faut mettre en garde les patients vis-à-vis des interactions potentiellement dangereuses avec certains médicaments en vente libre en particulier l'aspirine et les AINS à doses antalgiques.
  La prise d'AINS chez les patients sous antivitamines K ou sous héparine à dose anticoagulante est fortement déconseillée.
  La voie intramusculaire doit être limitée aux tous premiers jours du traitement voire au premier jour au-delà duquel son intérêt est de nature essentiellement psychologique.
  Il faut éviter en pratique courante (et donc en dehors de certains cas résistants de polyarthrites rhumatoïdes, lupus érythémateux disséminé, connectivite, néoplasie, ou autres maladies inflammatoires systémiques évolutives), d'associer les traitements AINS et la corticothérapie surtout à une posologie ³ à 10 mg (équivalent prednisone).

L'examen électromyographique

Thème 1995

 

 

 

 

 

  L'EMG est indiqué devant toute suspicion de syndrome du canal carpien avant prise de décision thérapeutique.
  L'EMG est inutile dans la névraIgie cervico-brachiale typique avant l'épreuve du traitement médical, sous réserve que les deux conditions suivantes soient simultanément remplies:
    - absence d'anomalies neurologiques préjugeant de la gravité de l'atteinte radiculaire,
    - absence de doute diagnostique.
  L'EMG est inutile dans la sciatique commune avant l'épreuve du traitement médical, en l'absence d'anomalies neurologiques préjugeant de la gravité de l'atteinte radiculaire et en l'absence de doute diagnostique.
  L'EMG est inutile à la recherche de signes électro-physiologiques dits de spasmophilie.
  La mesure des chronaxies ne doit plus être utilisée.
  Concernant les actions futures, il faut:
    - établir un guide des bonnes pratiques de l'électromyographie incluant l'exigence d'une formation spécifique pour la pratique de l'EMG, la définition des stratégies d'exploration par pathologie et la standardisation des pratiques,
    - faire une refonte de la nomenclature actuelle des actes professionnels et l'adapter aux nouvelles techniques.

Lombosciatique commune.

Thème 1995

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Quels sont les syndromes cliniques qui incitent à réaliser un traitement en urgence ?

  La lombosciatique hyperalgique.
  Il n'existe pas de définition universelle de la sciatique hyperalgique. La douleur est ressentie par le malade comme étant insupportable malgré un repos strict et un traitement par antalgiques majeurs (opiacés). Le nombre de malades auxquels cette définition peut être appliquée est limité.

  La lombosciatique paralysante.
  Les atteintes motrices modérées en particulier sur l'extenseur propre du gros orteil dans la sciatique L5 sont fréquentes et ne doit pas faire considérer ce signe comme faisant partie de la sciatique paralysante. A l'inverse, la progression d'un déficit moteur et/ou un déficit d'emblée inférieur à 3 (mouvement impossible contre pesanteur) pousse à rechercher le plus rapidement possible un élément compressif sur une ou plusiers racines.

  La lombosciatique avec syndrome de la queue de cheval.
  La clinique constitue l'élément capital de la stratégie diagnostique et thérapeutique, de l'évaluation de la gravité et du suivi de l'évolution. Les examens d'imagerie ne doivent ni ne peuvent se substituer à l'évaluation clinique, seule capable d'apprécier en particulier le handicap procuré par la lombosciatique.

  Quand, comment et pourquoi réaliser des clichés radiographiques standard ?

  D'après la conférence de consensus sur l'imagerie dans la hernie discale, la radiographie standard est inutile si la sciatique est en voie de guérison.
  Dans le cas où la douleur s'aggave ou persiste au-delà d'un délai de deux semaines l'examen radiographique standard est justifié.
  Les incidences nécessaires sont:
    - le grand cliché dorso-lombo-pelvien postéro-antérieur qui constitue l'incidence de face de base permet l'exploration du rachis lombaire, des articulations sacro-iliaques, et de la charnière dorso-lombaire;
    - un cliché de profil d'ensemble est suffisant en première intention.

  Quelle stratégie de demande d'examens adopter pour la mise en évidence du conflit disco-radiculaire ?

  L'examen d'imagerie permettant la mise en évidence du conflit disco-radiculaire ne doit être prescrit que dans le bilan précédant la réalisation d'un traitement local de la hernie discale. Ce traitement local, sous réserve d'aggravation notable, n'est envisagé qu'après un délai d'évolution d'au moins 4 à 8 semaines.
  Il n'y a pas d'indication de discographie, de discotomodensitométrie, d'épidurotomodensitométrie ou d'arthrographie articulaire postérieure de première intention.
  Au total, les éléments de conclusion sur l'imagerie peuvent être résumés comme suit:
    - L'imagerie ne permet pas un diagnostic de gravité ou de prévoir une évolution selon des critères morphologiques;
    - Les examens d'imagerie permettent:
       - le diagnostic de sciatique non discale (tumeur, et spondylodiscite entre autres);
       - de préciser le conflit disco radiculaire (en particulier de s'assurer de la cohérence anatomo-clinique) quand un traitement chirurgical ou percutané de la hernie discale est décidé;
    - En dehors de ces indications, ils sont inutiles.

  Quelle est la nature et la durée du traitement médical "conservateur" ?

  Un nombre important de lombosciatiques guérissent avec le seul traitement conservateur.
  Le traitement est d'abord médical conservateur. Il a pour but d'attendre dans des conditions de confort optimales l'évolution naturelle de la lombosciatique par hernie discale. Les différents types de traitements médicaux n'ont pas fait l'objet de suffisamment d'essais thérapeutiques rigoureux. Cependant, il existe un consensus professionnel pour utiliser les méthodes suivantes : antalgiques, anti-inflammatoires par voie générale, infiltrations épidurales de corticoïdes et orthèses lombaires.
  En dehors des situations urgentes déjà définies, ce n'est qu'après 4 à 8 semaines de traitement médical conservateur qu'il convient d'envisager un traitement percutané ou chirurgical.

  Quels sont les traitements per-cutanés dont la pratique est justifiée?

  Le traitement par chymopapaïne est plus efficace qu'un placebo. Les résultats peuvent être de 65 % à 75 % de succès, qui se maintiennent après un délai de 10 ans. Les indications sont limitées pour la plupart des auteurs aux hernies non exclues.
  Compte tenu de la féquence et de la gravité des complications, compte tenu de la dégradation des résultats à moyen terme, il n'est pas licite de proposer une hexacétonide de triamcinolone dans la lombosciatique par hernie discale.
  Au total, seul le traitement percutané par chymonucléolyse a démontré à la fois son efficacité et sa relative innocuité à condition qu'elle soit réalisée dans des conditions techniques optimales. Ces traitements percutanés compte tenu de cette efficacité ne doivent pas être considérés comme des traitements d'attente. Ils doivent être réalisés dans les mêmes conditions (en particulier de délai après echec du traitement médical) que le traitement chirurgical.

  Existe -t-il une alternative chirurgicale au traitement chirurgical conventionnel?

  La microdiscectomie donne des résultats acceptables, mais ne semble pas apporter d'avantages décisifs sur la discectomie conventionnelle. La séquestrectomie simple ne peut pas être recommandée jusqu'à la réalisation d'une étude méthodologiquement indiscutable.
  La discectomie conventionnelle reste le traitement chirurgical de référence et les nouvelles techniques devront au mieux lui être comparées. La discectomie sous contrôle microscopique permet d'obtenir un résultat clinique similaire.
  Compte tenu de l'évolution naturelle de la hernie discale telle qu'elle a pu être évoquée dans les chapitres précédents, il est admis par consensus professionnel que le traitement médical doit être la première étape thérapeutique.
  La chymonucléolyse à la papaïne a une efficacité indiscutable. Ce traitement peut donc être proposé avant le traitement chirurgical, ce d'autant que son rapport coût-efficacité est meilleur au delas de 7 ans.

Masso-kinésithérapie dans le syndrome fémoro-patellaire et les suites de méniscectomies

Thème 1996

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  La prescription de Kinésithérapie doit être adaptée aux données de l'examen clinique initial. Ses modalités exactes ne peuvent être stéréotypées et doivent être adaptées en fonction de chaque cas particulier, des habitudes du prescripteur et du rééducateur
  Le syndrome fémoro-patellaire est caractérisé par la douleur de la face antérieure du genou majorée par les contraintes imposées à l'appareil extenseur: descente d'escaliers, position assise prolongée, accroupissement. A cette douleur peuvent s'associer les épisodes de dérobements ou de faux blocages du genou. La définition du syndrome fémoro-patellaire est symptomatique et fonctionnelle.
  La masso-kinésithérapie de première intention doit comprendre un maximum 15 séances de rééducation du membre inférieur, à raison de 2 à 3 séances/semaine.
  Il n'est pas recommandé de recourir à la masso-kinésithérapie dans les syndromes fémoro-patellaires post-traumatiques contusifs, au cours de la phase aiguë.
  Il n'est pas recommandé de prescrire de la masso-kinésithérapie dans les syndromes fémoro-patellaires avec épanchement, tant que celui-ci persiste.
  Il n'est pas recommandé de prescrire de la masso-kinésithérapie dans les syndromes fémoro-patellaires dus à des ostéochondrites.
  Il n'est pas recommandé de poursuivre des séances de masso-kinésithérapie en cas de disparition de la douleur fémoro-patellaire à l'issue des 15 premières séances.
  Il n'est pas recommandé de prescrire plus de 30 séances de masso-kinésithérapie dans l'année, dans le cadre du syndrome fémoro-patellaire, sauf cas particulier à justifier spécifiquement.
  Il n'est pas recommandé de poursuivre une masso-kinésithérapie pour syndrome fémoro-patellaire en cas de non-évolution de la symptomatologie, lorsque la kinésithérapie a été correctement effectuée.
  Il n'est pas recommandé de poursuivre une masso-kinésithérapie pour syndrome fémoro-patellaire en cas d'aggravation de la douleur en cours de traitement, lorsque la kinésithérapie a été correctement effectuée.
  En l'absence de complication, il n'est pas recommandé de prescrire plus de 9 séances de masso-kinésithérapie du membre inférieur dans les 3 semaines qui suivent une méniscectomie arthroscopique pour permettre une récupération de la force du quadriceps.
  En l'absence de complication, il n'est pas recommandé de prescrire plus de 15 séances de masso-kinésithérapie dans les suites d'une méniscectomie arthroscopique, à réaliser dans les 3 mois qui suivent l'intervention.

Masso-kinésithérapie dans les lombalgies communes.

Thème 1996

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Les méthodes de masso-kinésithérapie dites à effet antalgique direct sont le plus souvent perçues comme sédatives par le patient, notamment le massage et le réchauffement local. Il n'existe cependant aucune preuve de leur efficacité durable dans le traitement de la lombalgie chronique.
  Les méthodes dites à effet antalgique direct ne sont qu'adjuvantes et ne doivent donc pas résumer la séance de masso-kinésithérapie.
  Les soins de masso-kinésithérapie ne peuvent qu'être prescrits après une évaluation médicale orientant vers des objectifs thérapeutiques précis et qui seront pris en compte dans l'appréciation des résultats.
  Mais au-delà, l'objectif est beaucoup plus global. Il cherche à améliorer la gestion de la douleur et à diminuer le retentissement fonctionnel, conséquence directe de la lombalgie, sa répercussion dans les actes de la vie courante qu'il s'agisse des activités quotidiennes ordinaires, professionnelles, de loisir, voire sportives.
  Le choix de la méthode de rééducation dépend des données de l'évaluation médicale et du bilan para-médical. Une notion importante est la position lombo-pelvienne qui habituellement aggrave ou soulage la lombalgie.
  Exemples :
     - les techniques d'étirement pour les muscles jugés insuffisamment extensibles;
     - la cyphose quand la lombalgie est régulièrement soulagée par la flexion et aggravée par l'extension;
     - la lordose dans le cas contraire.
  Il n'existe pas suffisamment de preuves pour recommander un traitement de masso-kinésithérapie dans la lombalgie aiguë.
  Il ne faut pas recommander un programme d'école du dos dans la lombalgie aiguë.
  Il existe suffisamment de preuves pour conseiller la prescription de masso-kinésithérapie dans la lombalgie chronique.
  Quinze séances sont suffisantes pour juger du résultat de la masso-kinésithérapie.
  Le programme initial doit être poursuivi par une auto-rééducation.
  La prescription de courtes séries de séances dans les mois ou les années qui suivent peut être justifiée.
  Il n'existe pas suffisamment de preuves pour généraliser le principe des écoles du dos dans le traitement de la lombalgie chronique en attendant de nouvelles évaluations.