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Quels sont les
syndromes cliniques qui incitent à réaliser un
traitement en urgence ?
La lombosciatique
hyperalgique.
Il n'existe pas de
définition universelle de la sciatique hyperalgique.
La douleur est ressentie par le malade comme étant
insupportable malgré un repos strict et un traitement
par antalgiques majeurs (opiacés). Le nombre de
malades auxquels cette définition peut être
appliquée est limité.
La lombosciatique
paralysante.
Les atteintes motrices
modérées en particulier sur l'extenseur propre
du gros orteil dans la sciatique L5 sont fréquentes
et ne doit pas faire considérer ce signe comme
faisant partie de la sciatique paralysante. A l'inverse, la
progression d'un déficit moteur et/ou un
déficit d'emblée inférieur à 3
(mouvement impossible contre pesanteur) pousse à
rechercher le plus rapidement possible un
élément compressif sur une ou plusiers
racines.
La lombosciatique
avec syndrome de la queue de cheval.
La clinique constitue
l'élément capital de la stratégie
diagnostique et thérapeutique, de l'évaluation
de la gravité et du suivi de l'évolution. Les
examens d'imagerie ne doivent ni ne peuvent se substituer
à l'évaluation clinique, seule capable
d'apprécier en particulier le handicap procuré
par la lombosciatique.
Quand, comment et
pourquoi réaliser des clichés radiographiques
standard ?
D'après la conférence de
consensus sur l'imagerie dans la hernie discale, la
radiographie standard est inutile si la sciatique est en
voie de guérison.
Dans le cas où la douleur s'aggave
ou persiste au-delà d'un délai de deux
semaines l'examen radiographique standard est
justifié.
Les incidences nécessaires
sont:
- le grand cliché
dorso-lombo-pelvien postéro-antérieur qui
constitue l'incidence de face de base permet l'exploration
du rachis lombaire, des articulations sacro-iliaques, et de
la charnière dorso-lombaire;
- un cliché de profil
d'ensemble est suffisant en première intention.
Quelle
stratégie de demande d'examens adopter pour la mise
en évidence du conflit disco-radiculaire ?
L'examen d'imagerie permettant la mise
en évidence du conflit disco-radiculaire ne doit
être prescrit que dans le bilan
précédant la réalisation d'un
traitement local de la hernie discale. Ce traitement local,
sous réserve d'aggravation notable, n'est
envisagé qu'après un délai
d'évolution d'au moins 4 à 8 semaines.
Il n'y a pas d'indication de
discographie, de discotomodensitométrie,
d'épidurotomodensitométrie ou d'arthrographie
articulaire postérieure de première
intention.
Au total, les éléments de
conclusion sur l'imagerie peuvent être
résumés comme suit:
- L'imagerie ne permet pas un
diagnostic de gravité ou de prévoir une
évolution selon des critères
morphologiques;
- Les examens d'imagerie
permettent:
- le diagnostic de
sciatique non discale (tumeur, et spondylodiscite entre
autres);
- de
préciser le conflit disco radiculaire (en particulier
de s'assurer de la cohérence anatomo-clinique) quand
un traitement chirurgical ou percutané de la hernie
discale est décidé;
- En dehors de ces
indications, ils sont inutiles.
Quelle est la nature
et la durée du traitement médical
"conservateur" ?
Un nombre important de lombosciatiques
guérissent avec le seul traitement conservateur.
Le traitement est d'abord médical
conservateur. Il a pour but d'attendre dans des conditions
de confort optimales l'évolution naturelle de la
lombosciatique par hernie discale. Les différents
types de traitements médicaux n'ont pas fait l'objet
de suffisamment d'essais thérapeutiques rigoureux.
Cependant, il existe un consensus professionnel pour
utiliser les méthodes suivantes : antalgiques,
anti-inflammatoires par voie générale,
infiltrations épidurales de corticoïdes et
orthèses lombaires.
En dehors des situations urgentes
déjà définies, ce n'est qu'après
4 à 8 semaines de traitement médical
conservateur qu'il convient d'envisager un traitement
percutané ou chirurgical.
Quels sont les
traitements per-cutanés dont la pratique est
justifiée?
Le traitement par chymopapaïne
est plus efficace qu'un placebo. Les résultats
peuvent être de 65 % à 75 % de succès,
qui se maintiennent après un délai de 10 ans.
Les indications sont limitées pour la plupart des
auteurs aux hernies non exclues.
Compte tenu de la féquence et de
la gravité des complications, compte tenu de la
dégradation des résultats à moyen
terme, il n'est pas licite de proposer une
hexacétonide de triamcinolone dans la lombosciatique
par hernie discale.
Au total, seul le traitement
percutané par chymonucléolyse a
démontré à la fois son
efficacité et sa relative innocuité à
condition qu'elle soit réalisée dans des
conditions techniques optimales. Ces traitements
percutanés compte tenu de cette efficacité ne
doivent pas être considérés comme des
traitements d'attente. Ils doivent être
réalisés dans les mêmes conditions (en
particulier de délai après echec du traitement
médical) que le traitement chirurgical.
Existe -t-il une
alternative chirurgicale au traitement chirurgical
conventionnel?
La microdiscectomie donne des
résultats acceptables, mais ne semble pas apporter
d'avantages décisifs sur la discectomie
conventionnelle. La séquestrectomie simple ne peut
pas être recommandée jusqu'à la
réalisation d'une étude
méthodologiquement indiscutable.
La discectomie
conventionnelle reste le traitement chirurgical
de référence et les nouvelles techniques
devront au mieux lui être comparées. La
discectomie sous contrôle microscopique permet
d'obtenir un résultat clinique similaire.
Compte tenu de l'évolution
naturelle de la hernie discale telle qu'elle a pu être
évoquée dans les chapitres
précédents, il est admis par consensus
professionnel que le traitement médical doit
être la première étape
thérapeutique.
La chymonucléolyse à la papaïne
a une efficacité indiscutable. Ce traitement peut donc être
proposé avant le traitement chirurgical, ce d'autant que son rapport
coût-efficacité est meilleur au delas de 7 ans.
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