FMC l'étoile

Cardiologie 1      

Endartériectomie.

Thème 1995

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Préambule: Il existe différentes méthodes de mesure utilisées dans les essais randomisés pour évaluer le degré de sténose. Dans ces essais, les bifurcations carotidiennes étaient explorées angiographiquement selon au moins 2 incidences complémentaires et le degré de sténose était mesuré à l'angiographie sur l'incidence où la sténose était la plus serrée.
  Ce même numérateur était rapporté à 2 dénominateurs différents: le diamètre du bulbe carotidien reconstruit visuellement dans ECST* (méthode européenne), le diamètre, de l'artère carotide interne saine en aval de la sténose dans NASCET* (méthode américaine) (Figure 1). Le groupe de travail a choisi de quantifier la sténose et d'énoncer ces recommandations selon la définition proposée par ECST, la plus habituellement utilisée en France (si nécessaire après conversion des résultats de NASCET et de ACAS*).
  Le traitement médical comportant la réduction des facteurs de risque vasculaire (traitement de l'hypertension artérielle, arrêt du tabac ), l'introduction d'un traitement anti-plaquettaire (aspirine, ticlopidine) et le traitement d'une autre localisation de la maladie athéromateuse doit être systématiquement entrepris, la mortalité dans les sténoses symptomatiques et asymptomatiques étant 2 à 3 fois plus souvent de cause cardiaque que cérébrale.
  L'endartérectomie carotidienne est indiquée dans les sténoses carotidiennes symptomatiques > à 70 % (ECST et NASCET) sous réserve d'un taux de mortalité-morbidité péri-opératoire de l'équipe chirurgicale inférieur à 5 %, dans cette indication.
  Les résultats d'ACAS suggèrent le bénéfice de l'endartérectomie dans les sténoses asymptomatiques > 75% (60 % ACAS) chez l'homme, sous réserve d'un taux de mortalité-morbidité péri-opératoire de l'équipe chirurgicale inférieur à 3 %, dans cette indication.
  L'endartérectomie carotidienne n'est pas indiquée dans les sténoses symptomatiques < 30 % (ECST) et asymptomatiques < 50 %,
  Le bénéfice de l'endartérectomie carotidienne est en cours d'évaluation pour les sténoses symptomatiques entre 30 % et 70 % (ECST et NASCET) et pour les sténoses asymptomatiques entre 50 % à 75 % (ACST).
  Pour importante qu'elle soit, la mesure du degré de sténose ne dispense pas de l'évaluation au cas par cas du risque spontané d'infarctus cérébral ipsilatéral à la sténose, du risque général, notamment cardiaque, et du risque chirurgical. Ceci s'applique tout particulièrement aux sténoses dont le traitement est en cours d'évaluation. Pour ces sténoses, en attendant les résultats des études, des indications raisonnables peuvent être proposées au cas par cas si le risque d'infarctus ipsilatéral à la sténose dépasse notablement le risque chirurgical prévisible.
  Ces recommandations seront à réviser d'ici 1 an en raison:
   1- du perfectionnement rapide des méthodes non invasives de dépistage et de suivi des sténoses carotidiennes et de leurs conséquences cérébrales,
   2- de la publication des résultats définitifs d'ECST,
   3- des études randomisées en cours dans les sténoses symptomatiques (NASC ET) et asymptomatiques (ACST).

Figure 1 : Méthode de calcul du degré de sténose sur l'angiographie selon ECST et NASCET

   méthode ECST: C-A x 100% sténoses
C

méthode NASCET: B - A x 100% sténoses
           B

*ECST:European Carotid Surgery Trial
*NASCET:North American Symptomatic Carotid Endarteriectomy Trial
*ACAS: Asymptomatic Carotid Atherosclerosis Study
*ACST: Asymptomatic Carotid Surgery Trial.

Hypolipidémiants.

Thème 1996

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  La maladie coronaire est une affection multifactorielle qui évolue souvent pendant de longues années avant de devenir cliniquement patente. Elle doit être prévenue par une action concomitante contre tous les facteurs de risque réversibles présents chez un sujet.
  Les facteurs de risque indiscutablement reconnus sont l'âge, le sexe masculin, la ménopause précoce, les antécédents familiaux ou personnels d'artériopathie quel qu'en soit le siège (coronaires, carotides, artères des membres inférieurs, etc.), le tabagisme, l'hypertension artérielle, le diabète et les troubles lipidiques.
  La responsabilité de l'élévation du cholestérol total et surtout du LDL-cholestérol, de la baisse du HDL-cholestérol sanguin dans la survenue de la maladie coronaire est démontrée. Les dosages lipidiques nécessaires et suffisants à la prise en charge de la plupart des sujets ayant une hyperlipidémie sont le dosage dans le sang du cholestérol total, du cholestérol HDL et des triglycérides (permettant le calcul du LDL-cholestérol).
  Le risque coronaire dépend du nombre et de l'intensité des facteurs de risque présents. Il convient de fixer des seuils d'intervention qui tiennent compte du risque absolu que présente le sujet. Le risque en relation avec l'hypercholestérolémie est en partie réversible. Il est impossible de fixer un seuil d'intervention unique pour le cholestérol total et pour le LDL-cholestérol; il existe des seuils consensuels pour chaque niveau de risque. Ces seuils d'intervention et les mesures à prendre sont résumés dans le tableau ci-après.
  Aucune décision thérapeutique ne doit être prise sans deux confirmations de l'anomalie lipidique, les prélèvements sanguins étant réalisés après 12 heures de jeûne.
  En prévention primaire chez les adultes des deux sexes, la diététique hypocholestérolémiante est toujours proposée en première intention. Excepté pour les hypercholestéstérolémies majeures familiales, ce n'est qu'après la constatation de l'échec de cette diététique, effectivement menée pendant 3 à 6 mois, que les médicaments hypocholestérolémiants peuvent être prescrits (voir seuil d'instauration et valeur cible dans le tableau ci-après).
  Les dyslipidémies secondaires (diabète, hypothyroïdie, syndrome néphrotique, etc. ) ou iatrogènes (corticoïdes, contraception estro-progestative, bêtabloquants, etc. ) ne doivent pas donner lieu à des prescriptions d'hypolipidémiants sans traiter la maladie causale, ou arrêter le traitement responsable.
  En prévention primaire, il est illogique de traiter une dyslipidémie modérée sans agir sur d'autres facteurs de risque éventuellement associés (tabagisme majeur par exemple).
  En prévention secondaire, en présence d'une maladie coronaire patente, le risque de mortalité par affection coronaire est important. Ce risque peut être abaissé avec certains médicaments hypocholestérolémiants. Dans cette situation, si le seuil de LDL-cholestérol est dépassé, malgré une diététique adaptée, il paraît souhaitable d'instaurer un traitement hypolipidémiant dans les 3 mois suivant le début de l'affection coronaire. Cette attitude est recommandée chez les adultes des deux sexes âgés de moins de 70 ans.
  Chez les sujets âgés de plus de 70 ans, en l'absence d'efficacité clinique démontrée, il est raisonnable de limiter les interventions (diététique ou médicamenteuse) à la prévention secondaire lorsque l'espérance de vie ne paraît pas réduite par d'autres pathologies.
  Il est justifié par ailleurs de prolonger la prévention primaire chez les sujets âgés de plus de 70 ans atteints d'hypercholestérolémie majeure, antérieurement traités, lorsque d'autres pathologies n'entraînent pas une co-morbidité, lorsque les médicaments hypocholestérolémiants sont efficaces et bien tolérés et lorsque l'ensemble des autres facteurs de risque réversibles sont maîtrisés (tabagisme par exemple).
  Après 70 ans, la prévention primaire ne peut être instaurée qu'après information objective des sujets sur l'absence de preuve de l'efficacité de ces mesures, seulement si l'espérance de vie ne paraît pas réduite par d'autres pathologies, si les facteurs de risque réversibles peuvent être maîtrisés (tabagisme par exemple) et si les prescriptions n'exposent à aucun effet indésirable ou interaction médicamenteuse.
  L'hypertriglycéridémie ne constitue pas, lorsqu'elle est isolée (c'est-à-dire en l'absence d'obésité, de diabète ou de HDL cholestérol bas), un facteur indépendant de risque coronaire. Pour des valeurs comprises entre 2 et 4 g/L (2,25 et 4,5 mmol/L) de la triglycéridémie, il est nécessaire de prodiguer des conseils hygiénodiététiques. Au-delà de 4 g/L (4,5 mmol/L), des prescriptions diététiques spécifiques s'imposent. Si la triglycéridémie reste supérieure à 4 g/L (4,5 mmol/L), malgré ces mesures diététiques, le recours à un médicament est justifié pour limiter le risque de pancréatite aiguë. Chez les obèses, les diabétiques et lorsque l'élévation des triglycérides s'accompagne d'une baisse du HDL-cholestérol inférieure à 0,35 g/L (0,9 mmol/L), l'hypertriglycéridémie est un facteur de risque coronaire reconnu.
  Lorsqu'un hypolipidémiant est nécessaire, le choix doit se porter vers un de ceux dont le dossier d'évaluation est satisfaisant: la colestyramine, certains fibrates ou l'une des statines disponiblesen France. Selon l'AMM, ces trois médicaments (ou groupe de médicaments), peuvent être utilisés en prévention primaire et secondaire. La préférence doit cependant aller à ceux qui ont démontré leur efficacité sur des critères de jugement clinique (réduction de la mortalité coronaire et réduction de la mortalité totale).
  Une fois instauré, un traitement hypocholestérolémiant (diététique ou diététique + médicament) doit être suivi au long cours. C'est une raison supplémentaire pour bien apprécier l'indication lors de l'instauration du traitement. La grossesse est une contre-indication aux médicaments hypolipidémiants. Des modifications des conditions de vie, de la tolérance aux traitements et l'apparition d'autres pathologies peuvent conduire à remettre en cause le traitement.
  L'association de plusieurs hypocholestérolémiants appartenant à la même classe pharmacologique est illogique, voire dangereuse.
  Les hypolipidémiants, surtout lorsqu'ils sont utilisés à posologie importante, exposent à des effets indésirables (essentiellement digestifs pour la colestyramine, hépatiques et musculaires pour les fibrates et les statines). Les associations fibrates + statines, fibrates + antivitamines K, colestyramine + autre médicament pris dans le même temps exposent à des interactions médicamenteuses.

AIDE À LA DÉCISION THÉRAPEUTIQUE SELON LE NIVEAU DE RISQUE

Avertissements

  - A l'exception des antécédents familiaux et personnels, les facteurs de risque coronaire sont le plus souvent des variables quantitatives continues. Il n'existe pas de seuil discriminant totalement les sujets sans risque d'avoir une maladie coronaire et ceux qui vont en avoir une avec une quasi-certitude. Outre la présence ou l'absence d'un facteur de risque (tabagisme par exemple), il revient aux cliniciens d'en apprécier l'importance (ancienneté de l'intoxication et consommation quotidienne, pour reprendre l'exemple du tabagisme).
  - Les valeurs numériques du tableau ont été retenues consensuellement par le groupe de travail de l'ANDEM après analyse de la littérature internationale. Il ne s'agit cependant pas de valeurs expérimentales, définies par des essais d'intervention.
  Les valeurs d'intervention proposées dans le tableau ne peuvent être considérées comme des seuils intangibles.

Facteurs de risque de maladie coronaire

A prendre en compte chez les sujets ayant une élévation du LDL cholestérol:
  Facteurs aggravants
  Age : homme de 45 ans ou plus, femme de 55 ans ou plus, ou femme ayant une ménopause précoce sans d'estrogénothérapie substitutive.
  Antécédents familiaux de maladies coronaires précoces (infarctus du myocarde ou mort subite avant l'âge de 55 ans chez le père ou chez un parent du premier degré de sexe masculin; ou avant 65 ans chez la mère ou chez un parent féminin du premier degre) ou d'artériopathie quel que soit le siège.
  Antécédents personnels de la maladie coronaire patente (infarctus du myocarde, angine de poitrine), ou d'une autre localisation d'athérome (artérite des membres inférieurs, artériopathie carotidienne).
  Tabagisme en cours.
  Hypertension artérielle (PA supérieure ou égale à 140/90 mm Hg (*) ou traitement antihypertenseur en cours).
  HDL-cholestérol inférieur à (0,9 mmol/L) 0,35 g/L(l).
  Diabète.
  Facteur protecteur
  HDL-cholestérol supérieur ou égal à (1,6 mmol/L) 0,60 g/L(*); soustraire alors " un risque " au score de niveau de risque.
___________________________

*Valeur retrouvée lors de plusieurs mesures

Valeurs du LDL cholestérol(*,+)
Les valeurs sont en g/L (mmol/L)

Catégorie de patients ayant une élévation du LDL cholesterol

Valeur d'instauration du traitement diététique

Valeur cible

Valeur d'instauration du traitement médicamenteux

Valeur cible

Prévention primaire des hommes de moins de 45 ans ou femmes non ménopausées n'ayant aucun autre facteur de risque.

³ 2,20

(5,7)++

< 1,60

(4,1)

pas d'indication en première intention

Prévention primaire des hommes de moins de 45 ans ou femmes non ménopausées n'ayant aucun autre facteur de risque, après echec de la diététique.

³ 2,20
(5,7)++
malgré une diététique suivie pendant 6 mois

< 1,60

(4,1)

Prévention primaire des sujets ayant un autre facteur de risque.

 

³1,60

(4,1)

< 1,60

(4,1)

³1,90

(4,9)

< 1,60

(4,1)

Prévention primaire des sujets ayant au moins deux autres facteurs de risque.

³1,30

(3,4)

< 1,30

(3,4)

³1,60

(4,1)

< 1,30

(3,4)

Prévention secondaire des sujets ayant une maladie coronaire patente

³1,30

(3,4)

² 1,00

(2,6)

³1,30
(3,4)
malgré une diététique suivie pendant 3 mois

² 1,00

(2,6)

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