FMC l'étoile

Insuffisance rénale chronique

22.01.1998

Organisateur: Dr Mireille Vallade-Vitte    Experts: Dr Michel Hecht, Dr Véronique Queron

L'exposé       Le sujet sur la toile       Utilitaires

Dr Mireille Vallade-Vitte

 

 

 

 

 

 

  L'insuffisance rénale chronique tend à se développer du fait du vieillisement de la population générale.Selon une enquète de l'inspection générale des affaires sociales de 1994, il y aurait en France 30 000 personnes au stade de l'insuffisance rénale terminale, dont 20 à 21 000 en dialyse, et 10 000 transplantés. Sur les 20 000 dialysés, 25% le seraient depuis moins d'un an, 30% auraient plus de 65 ans et 10% plus de 80 ans. Vu le vieillissement général de la population, on peut supposer que ces chiffres vont croître. Les médecins généralistes vont être confrontés de plus en plus à cette pathologie.
  Au stade de la dialyse, le coût moyen d'un insuffisant rénal est de plus de 350 000 FF / an. L'hémodialyse en centre coûtant environ 400 000 FF / an, et l'hémodialyse à domicile ou la dialyse péritonéale, environ 210 000 FF / an.
  Le rôle du médecin généraliste est celui du dépistage. L'insuffisance rénale a peu de signes cliniques. Ils apparaissent à un stade avancé de la maladie. Il faut donc dépister le patient à risque, de façon à être le moins délétère possible pour sa fonction rénale, et l' amener dans le meilleur état possible jusqu'à la dialyse, éventuellement.
  Le meilleur critère de dépistage de l'insuffisance rénale est la clearance de la créatinine. Ce n'est pas a créatininémie. La clearance de la créatinine évolue selon plusieurs facteurs: l'age, le poids, le sexe, la créatininémie. Ne se fier qu'à la créatininémie donnée par les bilans biologiques standards, conduit à ignorer un certain nombre d' insuffisances rénales. Des gens avec une créatininémie à 14 mg/l peuvent être déjà en insuffisance rénale. On a plusieurs solutions pour obtenir la clearance de la créatinine: on peut le demander au laboratoire d'analyses ( urines des 24 heures, dosage de la créatininurie, taux de créatinine, clearance de la créatinine ), on peut aussi utiliser la formule de Krokroft soit en utilisant une régle, soit en la calculant. Un homme de 70 ans, pesant 68 kg ayant une créatiniémie à 15, ce qui parait anodin, a déjà une fonction rénale altérée.
  La fonction rénale normale donne une clearance de la créatinine aux environs de 100 ml / mn.
 - Jusqu'à 60 ml / mn, la fonction rénale reste correcte;
 - de 30 à 60 ml / mn, il existe une insuffisance rénale modérée,
 - au dessous de 30 ml / mn, c'est une insuffisance rénale grave;
 - à 10/15 ml / mn, c'est une insuffisance rénale terminale qui relève soit de la dialyse, soit de la transplantation.
  Notre rôle essentiel est de nous interroger sur la fonction rénale du patient à la lumière de la clearance de la créatinine, sur la nécessité d'examens complémentaires, voire sur la consultation du nephrologue. Nous devrons également essayer de ne pas être délétère sur le fonction rénale des personnes agées, des insuffisants rénaux légers à modérés, les porteurs de maladies rénales familiales, pour leur éviter ou retarder le passage en insuffisance rénale terminale.
  Une insuffisance rénale fonctionnelle peut être déclanchée par :
 - une hypovolémie: deshydratation, utilisation de diurétiques maniés sans discernement.
 - certains médicaments: essentiellement les anti-inflammatoires ( avec parfois I.R. organique ) et les IEC ( qui font cependant partie du traitement). Il faut également penser à l'Iode et aux examens radiologiques réalisés avec produits de contraste iodés.Il y a aussi tous les antibiotiques nephrotoxiques ( aminosides ) et certains antalgiques ( glafenine et apparentés, paracetamol à fortes doses)    

Dr Véronique Queron
Dr Michel Hecht

  Rôle de l'age.
  Pour illustrer le propos de Mireille Vallade, je prendrai l'exemple d'un rugbyman de 30 ans, 95 kg, avec une créatinine à 120 micromoles ( env 13 mg / l ). Avec la formule de Krokroft, il a une clearance de la créatinine à 107 ml / mn, ce qui est correct. Une mamie de 75 ans, 50 kg, a la même créatininémie à 120 micromoles. La clearance de la créatinine à 32 ml / mn, ce qui la met dans le domaine de l' insuffisance rénale sévère.
Donc, il faut se méfier d'une créatininémie d'apparemce satisfaisante.
  L'insuffisance rénale est aussi un concept physiologique. Il est vrai que le nombre de nephrons fonctionnels diminue avec l'age. Celà induira de l'insuffisance rénale, donc ça impliquera des attitudes ciblées, c'est à dire l'adaptation thérapeutique de certains médicaments qui ont une élimination rénale, le choix des produits, une surveillance accrue. Le terme est impropre, mais on pourrait parler d' insuffisance rénale physiologique à partir d'un certain age.
  Ce qui est important, c'est la vitesse de progression de l'insuffisance rénale, et surtout la façon dont on va s'écarter de la courbe de dégradation normale en fonction de l'age. On peut tolérer un certain degré d'insuffisance rénale à partir du moment où on en est averti, mais on ne peut pas tolérer qu'elle progresse trop vite, ou qu'elle soit largement supérieure à ce que l'on pourrait attendre à un age particulier. Il y a des abaques qui donnent en fonction de l'age, la fonction rénale "normale". Il est bien clair que la fonction rénale a un certain degré d'insuffsance, mais qu'elle correspond à ce que l'on peut attendre à l'age donné.
  Chez un sujet de 70 ans on peut attendre une clearance aux environ de 60 ml / mn, alors que la normale d'un adulte se situe à 100 ml / mn.
  Chez un adulte, on doit s'alerter lorsque la clearance de la creatinine atteint 80 ml / mn, chez un vieillard, lorsque la clearance de la creatinine atteint 40 ml / mn.
  L'évaluation de la fonction rénale est importante. On sait dépister l'insuffisance rénale. On doit l'intégrer dans les facteurs de risque ( patients qui peuvent, par la pathologie qu'ils présentent, basculer à un moment dans l'insuffisance rénale, alors qu'ils n'ont aucun signe de la lignée néphrologique). Un dosage de la créatinine régulier et une réflexion de cette nature, peut à un moment donné faire apparaître une insuffisance rénale alors que l'on ne la soupçonnait pas.

  Urée et Créatinine
 
 L'urée est un reflet de la fonction rénale, c'est aussi un reflet de l'hydratation. On dit que dans l' insuffisance rénale fonctionnelle, l'urée augmente plus que la créatinine. C'est aussi un reflet de la nutrition. Un dialysé qui a une clearance de la créatinine à 5 ml, certains arrivent à la dialyse avec une urée à 1 gramme, d'autres avec une urée à 2,5 grammes. Ce n'est pas le reflet de la qualité de l'épuration extra-rénale, c'est le reflet de ce qu'ils ont mangé entre deux scéances de dialyse.
  La créatininémie dépend de deux choses: 1° de la masse musculaire, 2° de la fonction rénale. L'urée dépend en plus du régime nutritionnel du patient et de son taux de catabolisme. L'urée est plus multifactorielle. Dans des situations aigues, la confrontation urée-créatinine permet d'orienter le diagnostic vers une insuffisance rénale fonctionnelle ou une insuffisance rénale organique.
A savoir, le dosage de l'urée et de la créatinine ne sont remboursés que pour un d'entre eux.
  Lors du suivi d'un insuffisant rénal, on calcule à espace régulier l'inverse de la créatinine et on établie une courbe que l'on extrapole pour connaitre le moment de la dialyse. Le but est d'améliorer cette courbe pour repousser le plus possible la première dialyse.

  Conduite à tenir chez l' insuffisant rénal.

  • Equilibrer au mieux la pression arterielle. On peut utiliser tous les antihypertenseur, avec une restriction sur les diurétiques thiasidiques qui ne servent plus à rien, et sur les antialdostérones qui sont hyperkaliémiants et qui peuvent être dangereux. Les IEC font partie du traitement spécifique de l'insuffisance rénale, et j'en parlerai à part. Il faut adapter les doses en fonction de la capacité du rein, mais ce n'est pas un problème.
  • Equilibrer diabète, qu'il s'agisse d'un D.I.D. ou d'un D.N.I.D.. N'oubliez pas d'arrêter à un stade avancé de l'insuffisance rénale ( 40 ml de clearance ) les biguanides qui deviennent dangereux. Pour les sulfamides, il faut utiliser des demi-vies courtes ( Daonil® et Glibénèse® ). Ne pas utiliser les formes retard. Le Glucor® n'a pas l'AMM pour l'insuffisance rénale. Quoiqu'il n'y ait aucune raison particulière, c'est pour l'instant une contrindication.
  • Corriger les dyslipidémies car elles ont tendance à favoriser la sclérose glomérulaire. Les macromolécules du cholesterol, les triglycerides se retrouvent combinées à des protides dans le mésangiome glomérulaire. Par le biais de cytokines, de secretion de facteur de croissance, celà va entrainer des réactions inflammatoires qui vont générer la sclérose. C'est l'un des mécanismes de l'évolution de l' insuffisance rénale chronique vers l' insuffisance rénale terminale. Les hypolipidémiants sont contrindiqués dans l' insuffisance rénale, mais nous utilisons l'Elisor® et les autres en surveillant les CPK et les enzymes hépatiques, plutôt que de laisser se dégrader la fonction rénale.
  • L'intérêt des IEC est très clair. L'IEC ralentit nettement le temps de doublement de la créatinine chez les patients. Il ralentit la progression de l'insuffisance rénale. En diminuant la filtration glomérulaire, il protège les nephrons restants. Les nephrons se mettant au repos, dans un premier temps, on peut avoir une aggravation transitoire de l' insuffisance rénale. Il faut la respecter dans la mesure où elle n'est pas dangereuse. Pour celà on va proceder avec prudence. D'abord il faut corriger une hypovolémie eventuelle, arreter les diurétiques, commencer par de petites doses, surveiller au bout de 3 à 4 jours la créatinine et la kalièmie. Il faut éliminer la sténose unilatérale sur rein unique ou bilatérale ( echographie et clinique ).
  • Le régime sans sel n'est pas indiqué dans l' insuffisance rénale. D'ailleurs il y a des nephropathies avec perte de sel ( nephropathies interstitielles ). 4 à 5 grammes de sel par jour, ce n'est pas énorme, la consommation normale se situant vers 8 à 9 grammes / jour.
  • Les autres médicaments protecteurs de la fonction rénale. Les inhibiteurs des recepteurs de l'angiotensine 2 sont théoriquement protecteurs comme les IEC, mais aucune étude n'est venue confirmer cette impression.
  • Le régime hypoprotidique raisonnable. Nous évitons le régime végétarien et le régime italien qui carencent les patients. On a intérêt à arriver en dialyse dans une forme correcte, sans dénutrition, sans carence. 0,7 g/kg/jour de proteines. Ce régime diminue la filtration glomérulaire donc l'hyperfiltration glomérulaire et protège les nephrons restants.
  • Pour le reste, il faut optimiser la fonction cardiaque quand il y a un problème cardiaque, optimiser l'hydratation, et éviter d'être délétère. Comme substance néphrotoxique, ce que l'on voit le plus, c'est l'Iode injectée.Lorsqu'on est obligé d'envisager une artériographie, à la recherche d'une sténose de l'artère rénale qui peut déboucher sur une solution, il y a 2 précautions à prendre: hydrater, alcaliniser et donner des anticalciques pour protéger le rein. Donc il vaut mieux hospitaliser pour entreprendre de tels examens utilisant l'Iode.Autres produits toxiques, les AINS mais pas l'aspirine à petite dose qui protège les petits capillaires de la thrombose ( baisse le débit de filtration dans l'artériole afférente, et baisse le débit de filtration glomérulaire ), les IEC lorsqu'on est à 15 mg de clearance ( car on perd le court terme, et il n'y a plus de long terme...), les aminosides. Si malgré tout l'insuffisance rénale progresse, il faut également toujours se demander s'il y a un facteur pré rénal ou un facteur post rénal ( prostate, lithiase, problème utérin...)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'insuffisant rénal dialysé. Role du généraliste dans le traitement.

 Indications: Il faut faire le mieux possible dans la société dans laquelle on se trouve. Actuellement, on se doit de parler de l'aspect financier du traitement. On est en France, on dispose d'un système de protection sociale, on a des patients pour lesquels on parvient à avoir une espérance de vie et une amélioration de qualité de vie parce que l'on a traité une pathologie carotidienne, coronarienne, un cancer, ou toute autre pathologie que l'on est amené à prendre en charge. Le traitement de l'insuffisance rénale fait partie de ce que l'on peut proposer actuellement à des sujets agés. A partir du moment où les patients peuvent vivre aussi bien en terme physique, intellectuel ou de rapports humains, avec des sessions d'hémodialyse que sans insuffisance rénale, on est fondé à les prendre en charge. Les limites actuelles de bon sens sont la disparition de la vie relationnnelle, et les pathologie importantes et invalidantes arrivées au point que les mettre en dialyse ne changerait pas grand chose à leur pronostic vital. Celà coûte cher, mais on a les possibilités de prendre en charge ces patients, et le devoir de le faire, et le faire bien.

  Les Techniques: Le traitement doit répondre à des critères de qualité. On a passé le cap de la "dialyse rénale - survie", actuellement on doit apporter une certaine qualité de vie. Le traitement doit donc être cohérent.
  - Il existe la dialyse en centre et
  - la dialyse hors centre ( techniques de "domicile"). Il y a 3 techniques de "domicile":
    - la dialyse péritonéale qui se ser du péritoine comme membrane d'échange des solutés,
     - la dialyse à domicile, avec le poste de dialyse installé dans une pièce spécialement aménagée de la maison et le conjoint qui participe aux soins, et
    - les unités d'autodialyse. Dans la conception de ses créateurs, ces unités sont des substituts de domicile, c'est à dire que les gens sont dans un petit appartement ou une petite maison, "comme chez eux", en mettant en commun les moyens thérapeutiques, c'est à dire le traitement d'eau, plusieurs postes de dialyse, et une infirmière. À l'origine, les malades se piquent seuls, se branchent, se surveillent, l'infirmière intervenant uniquement en temps qu'aide et superviseur. En hors centre ( autodialyse ), on met des des gens de moins de 65 ans, sans pathologie associée.

  L'accroissement de la demande. Le recrutement des insuffisants rénaux s'est modifié: la population a vieilli, parfois avec de lourds antécédents, et la néphroangiosclérose a fini par s'exprimer. La transplantation, avec ses faiblesses liées au manque de donneurs, a montré ses limites, les traitements immunosuppresseurs n'étant pas la panacée. Au bout de 5 ans 60% des transplantés conservent leur greffon. Celà a eu une incidence sur le nombre de nouveaux dialysés. Actuellement il y a 80 dialysés pour 1 million d'habitants, et ce chiffre s'accentue toujours. En 93-94 on était à 30 000 dont 10 000 greffés. Il faut s'organiser pour faire face à cet accroissement du nombre des insuffisants rénaux. Le hors centre est nettement moins cher, mais on ne peut pas mettre n'importe qui dans ces unités d'autodialyse ou en dialyse péritonéale. La politique d'optimisation de la qualité de la dialyse, du suivi néphrologique rapproché, a porté ses fruits, permettant aux patients de vivre plus longtemps et dans de meilleures conditions.
  Le médecin généraliste est indispensable quel que soit le mode de dialyse, car il voit vivre le patient dans son milieu et d'autre part, il va être appelé pour régler des problèmes aigus. Le suivi en dehors des périodes de dialyse: voir comment sont les patients, comment ils prennent leur traitement, quels sont les problèmes. En autodialyse, le généraliste peut être appelé ponctuellement , parfois pour un problème de dialyse parfois difficile à gérer. Mais c'est l'opportunité d'un contact généraliste - néphrologue. Le néphrologue passe environ une fois par semaine à l'unité d'autodialyse pour le suivi de l'insuffisant rénal.

 

La dialyse péritonéale est une technique plus simple que l'hémodialyse, mais qui nécessite certains "reflexes". La D.P., c'est 100 000 patients dans le monde, 21 000 en Europe et 2 500 en France. Celà représente moins de 10 % des dialysés, alors qu'en Grande Bretagne, on atteint 40% des dialysés ( raisons économiques ).
  Techniques: Le principe est simple, la membrane péritonéale sert de membrane dialysante. On introduit un cathéter dans le cul de sac de Douglas ( minilaparotomie, on va jusqu'au péritoine, on l'ouvre, on pose avec un mandrin urologique curviligne pour passer au dessus du dome vésical, on coule la cuff sur le péritoine pariétal, puis on ferme en plusieurs plans ). On place un prolongateur qui va être lui-même raccordé aux poches de dialyse. Le patient remplit le péritoine avec le liquide de dialysat propre, il deconnecte, peut vaquer à ses occupations pendant 4 heures, puis il reconnecte, vidange et reinstille du liquide de dialysat propre pour 4 heures de plus. Ceci 3 à 4 fois par jour, tous les jours. Cette technique permet de controler l'insuffisance rénale, mais on doit s'aider d'une diurèse résiduelle. C'est la dialyse péritonéale continue ambulatoire, sans intervention de machine.
  Pour des patients qui auraient besoin de plus de dialyse, on propose une D.P. automatisée: la nuit, sur 12 heures, on augmente le volume d'échange en se servant d'un cycleur qui infuse et vidange automatiquement. Le coût est nettement plus élevé que pour la technique de base ( coût du dialysat ).
   Dans la dialyse péritonéale optimisée, on a le cycleur la nuit, et on fait un échange dans la journée, ce qui accroit encore le volume du dialysat et donc le coût.
  A Périgueux, on a gardé la technique ambulatoire de base, et , comme il s'agit de personnes agées, on s'aide d'infirmière libérale pour les échanges. Ces personnes qui habitent loin du centre d'hémodialyse, qui sont agées, fatiguées restent ainsi chez elles, et ne viennent à la consultation néphrologique que 1 à 2 fois par mois. On adapte la quantité et le dialysat à chaque patient selon les bilans de façon à avoir une certaine qualité de vie. Le syndrome urémique doit avoir disparu, le bien-être revient, l'appétit aussi, de même l'activité. On controle la T.A., on corrige l'anémie.... Sur le plan biologique, on mesure dans les poches l'urée, la créatinine, on calcule la clearance hebdomadaire de la créatinine, .... On va typer le péritoine, voir s'il fait bien les échanges, s'il est hyperperméable. A partir de là, on va prescrire une certaine quantité de dialyse.
  Indications: On reservait la technique aux personnes agées, aux diabétiques, en injectant l'insuline dans les poches, car on croyait mieux équilibrer le diabète avec cette technique; on en est revenu; et aussi pour les jeunes en attente de transplantation sur quelques mois ( celà évitait de faire un abord artério-veineux ). Actuellement, les délais de transplantation étant longs, et la technique génante dans la vie relationnelle, l'indication du jeune en attente de transplantation est moins vraie.
  Les techniques de D.P. automatisée n'ont pas de forfait de remboursement dans toutes les régions. Ce qui crée une inégalité d'accès aux soins.
  Surveillance: Le point d'émergence du tuyau doit être surveillé de très près. Si on a une infection du trajet, celà aboutit toujours à une péritonite gravissime pour le péritoine qu'il faut conserver à tout prix, et qui impose l'ablation du cathéter. Ce qui remet en cause la méthode et oblige le passage en hémodialyse. Le perfectionnement des moyens de connection a permis de diminuer sensiblement la fréquence des péritonites.
 On dispose aussi de nouveaux dialysats, l'eau est très bien préparée, stérilisée; le glucose initialement utilisé et nocif pour le péritoine, a été rémplacé par des polymères du glucose; le tampon utilisé est le lactate, on travaille à le remplacer par des bicarbonates, on a enrichi les poches en acides aminés car un des gros écueils de cette méthode est la déperdition importante d'acides aminés qui peut conduire à un syndrome néphrotique ( on enrichit 1 poche sur 4 ). On enrichit aussi en Calcium ( teneurs variables ) pour prévenir l'osteodystrophie rénale. De même, on inclue de la vitamine D pour ne pas induire d'hypocalcémie.
  Cette technique est appelée à se développer, ne serait-ce que pour des raisons économiques.
  Le taux d'infection est de 1 péritonite / patient tous les 20 mois, mais avec les nouveaux systèmes de connection comme la double poche, on arrive à 37, 38 mois. On injecte des antibiotique par la poche. Le signe d'alerte de la péritonite, c'est le liquide trouble dans la poche. Le liquide doit être clair. Il n'y a pas les signes classiques de la péritonite chirurgicale, et l'issue est meilleure.

 

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