On
dit volontiers que lorsque lon part en vacances : " ON OUBLIE TOUT
" cest plus facile si lon a pensé à " PRESQUE
TOUT " avant de partir. Cest lobjectif (à atteindre)
de cette soirée.
En
1998, lOMS a étudié une population de 100 000 voyageurs
ayant séjourné 4 semaines en région sub-tropicale.
Cette étude a montré :
Quune personne sur
2 a eu un problème de santé quelconque
Quune personne
sur 3 a présenté une diarrhée,
avec, dans 20% des cas des symptômes sévères
Quune personne
sur 25 a présenté un paludisme
; ce qui représente 5000 voyageurs français par an. Cest
un risque majeur lié à la possibilité de méningo
encéphalite à Falciparum
Quun voyageur
sur 40 a présenté une hépatite
A ; ce risque dhépatite A est 100 fois supérieur
à celui de la fièvre typhoïde.
Quun voyageur
sur 400 a présenté une MST
(gonococcie, syphilis, sida) ; cest un risque faible et surtout
lié aux comportements à risque
Quun voyageur
sur 1300 a présenté une hépatite
B (là aussi le risque est faible)
Enfin les cas de fièvre
typhoïde, polio et choléra ont été
rares sur cet échantillon de 100 000 personnes.
Les
conseils délivrés par les agences de voyage sont très
souvent succins. Il appartient donc au médecin de répondre
plus précisément aux questions du futur voyageur.
Dans lidéal, il serait souhaitable de voir celui-ci, deux
fois avant son départ :
- une première fois, 1 à
2 mois avant,
-
une deuxième fois, 8 jours avant le départ.
La première
consultation
La
première consultation, 1 mois ou 2 avant le départ, a pour
objectif de préciser les risques encourus et la façon de
les éviter, notamment par des vaccinations appropriées.
On essaiera donc de répondre
aux questions suivantes :
Les vaccinations
de base sont-elles à jour ?
Cest à dire Tétanos, Polio et Diphtérie ,
sans oublier le ROR chez lenfant.
Ces vaccinations sont indispensables quelque soit la destination du
voyage ; la polio sévit toujours en Afrique, en Inde et dans
les pays de lEst.
La vaccination
contre la fièvre jaune est-elle exigée pour votre destination
?
Cest à dire lAfrique intertropicale, le Brésil
et ses pays frontaliers (excepté les régions côtières)
et lAmérique centrale.
Cette vaccination est faite par les centres hospitaliers ou de vaccination
et les aéroports pour garantir la chaîne du froid. Une
injection protège 10 ans.
Allez-vous
dans une région impaludée ?
Si oui, quel est son groupe de résistance aux traitements ?
- groupe I : pas de Chloroquino résistance
- groupe II : Chloroquino résistance présente
- groupe III : prévalence élevée de Chloroquino-résistance
ou multirésistance
Dans les pays du groupe III, il y a : lAfrique Noire sub-saharienne,
le Nord de lAmérique du Sud, certaines régions de
lAsie du Sud-Est (Birmanie, Laos).
Quels
sont les risques de contamination digestive par leau ou les aliments
?
Cest à dire le risque de " Tourista ", dHépatite
A, de Fièvre typhoïde et de Choléra
- la "tourista " est très
fréquente, habituellement bénigne, excepté chez
lenfant et lors de la prise de médicaments qui facilitent
ou compliquent cette diarrhée (anti acides, diurétiques,
anti-arythmiques, digitaliques).
Elle survient dans les premiers jours du voyage, est toujours dorigine
infectieuse (Colibacille), plus rarement parasitaire ou virale.
Les mesures préventives sont essentielles (Boil it, Cook it,
Peel it, or Forget itÉ) et, en dehors du traitement symptomatique, il
est utile dexpliquer les principes de lauto traitement en
cas de diarrhée gênante ou sévère (Fluoroquinolone,
Bactrim).
- lhépatite A: elle est présente dans
tous les pays en voie de développement à faible niveau
dhygiène. Les habitants de ces pays sont tous contaminés
dès lenfance ; alors que dans nos pays industrialisés,
les risques sont peu probables.
En conséquence, les enfants et jeunes adultes sont de moins en
moins immunisés.
Par contre, on vérifiera limmunité des adultes de
plus de 50 ans avant de leur proposer une vaccination (1 injection protège
une année).
- La fièvre typhoïde:
Le risque est minime en dehors des voyages aventureux ou de longue durée.
Le vaccin protège 3 ans (1 injection), mais la protection nest
pas totale, et ne protège pas contre les paratyphoïdes.
- Le Choléra : risque
également minime.
La vaccination nest plus exigible depuis 1973 car peu efficace.
Y-a-t-il
des vaccinations spécifiques recommandées pour vos destinations
?
- La méningite à méningocoques
A et C :
Présente en Afrique sahélienne (saison sèche),
certaines régions dAsie (Népal, Mongolie, frontière
Chine/Mongolie, Nord de lInde). Le risque existe surtout pour
les séjours longs en zones rurales.
Une injection protège 3 ans.
- Lencéphalite japonaise
:
Le vecteur est un moustique, les régions endémiques sont
des zones rurales de lEst et Sud Est de lAsie, mais cest
une maladie grave avec 25% de décès dans les cas déclarés.
Il faut 3 injections pour une bonne protection.
- La rage en zone tropicale
lors de séjours prolongés en zones rurales.
La vaccination permet dalléger le schéma vaccinal
en cas de morsure.
LES AUTRES
RISQUES INFECTIEUX SPÉCIFIQUES La Dengue :
Arbovirose tropicale De lAsie du Sud-Est et dAmérique
Centrale, le vecteur est un moustique. Il ny a pas de vaccin La Bilharziose :
Contamination par baignade en eau douce, stagnante et chaude. La Filariose,
Transmise par piqžre de Taon La maladie de Chagas,
En Amérique latine, transmise par de grandes punaises. Enfin la maladie du sommeil et les intoxications
par cignatera.
On informera
le voyageur du risque lié aux MST (Gonococcie, syphilis, Sida)
et aux risques dhépatite B.
Il faut évoquer le risque lié au tatouage avec matériel
contaminé. Cest loccasion de proposer une vaccination
contre lhépatite B.
Après
ce tour dhorizon des risques encourus (et si le voyageur a encore
envie de partir !), on peut proposer un calendrier de vaccinations. LE
CALENDRIER VACCINAL :
Lidéal est de débuter
2 mois avant le départ chez le voyageur qui nest pas vacciné
contre tétanos et polio et 1 mois avant, pour les autres.
- à J-60 DT POLIO BCG (primo vaccination)
- à J-30 Rappel DT POLIO ou Polio seule Méningite A/C
- Rage - ROR - Encéphalite japonaise - grippe
- à J-15 Hépatite A, Fièvre jaune, typhoïde,
encéphalite japonaise (2è)
- à J- 8 Polio (3ème injection de primo vaccination) Rage,
encéphalite japonaise Hépatite B
On peut réaliser une vaccination
accélérée contre lhépatite B, avec
3 injections : à JO, J7, J21 C
Dans la pratique, le voyageur
consulte souvent tardivement, 2 semaines ou moins avant le départ
; on peut simplifier le schéma vaccinal en le complétant
au retour :
- à J 0 DT POLIO + HÉPATITE A/B
- à J12 FIéVRE JAUNE, HÉPATITE A
- à J26 DT POLIO, TYPHOìDE
- à J36 HEPATITE A/B ; MÉNINGITE A/C
- à J50 DT POLIO
On
terminera cette 1ère consultation, en suggérant une visite
de contrôle chez le dentiste.
La deuxième
consultation
La
deuxième consultation, 8 à 10 jours avant le départ.
permet
de vérifier et terminer les vaccinations
prescrire
une chimio-protection antipaludéenne : Régions du groupe I : NIVAQUINE Régions du groupe II : SAVARINE chez ladulte
PALUDRINE + NIVAQUINE chez lenfant < 15 ans Régions du groupe III :
Le LARIAM chez ladulte,
et enfant (> 15 kg) et commençant 10 jours avant le départ,
1 prise par semaine. Contre indiqué chez la femme enceinte et
lors dantécédents dépressifs
La DOXYCYCLINE dans les régions
de résistance au LARIAM (Cambodge, Laos, Thaïlande),
contre indiqué chez la femme enceinte.
On pourra expliquer et prescrire un traitement de laccès
palustre, ce traitement ne simpose quen labsence de
possibilité davis médical en moins de 12 heures.
on composera
la pharmacie de voyage :
qui comporte les médicaments pris au long cours en quantité
suffisante et à mettre en bagage cabine (perte de bagage) et
des médicaments de première intention.
On peut
faire un résumé écrit des maladies chroniques du
patient et les DCI des médicaments quil prend.
On lui
conseillera demporter sa carte de groupe sanguin.
Et on
lui donnera quelques conseils pour le voyage :
- Mal des transports,
- Pathologie ORL (Sinusite/otite)
- Le décalage horaire, les hypnotiques,
- Les problèmes liés à la stase veineuse (marcher
dans lavion, boire 2 litres)
- Les risques de lensoleillement, ceux liés à la
chaleur, à laltitude.
Enfin, avertir que certaines maladies tropicales peuvent ne se manifester
quaprès le retour et quil faudra compléter
les vaccinations non terminées.