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Céphalées non migraineuses
03.10.2000
Organisateur: Dr Pascal Fournier                 Expert: Dr Antoine Arnaud

 

L'exposé             Le sujet sur la toile

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Dr Pascal Fournier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mis en ligne

le 05 octobre 2000

    Les céphalées sont une cause fréquente de consultation.
    Cliniquement il est pratique de distinguer :

  • les céphalées aiguës (à début brutal ou non ),
  • les céphalées sub aiguës progressives,
  • et les céphalées chroniques (permanentes ou intermittentes).

   C'est ici d'ailleurs le premier piège diagnostique des céphalées, qui consiste à rattacher des céphalées à une pathologie connue chez un patient, par exemple une pathologie migraineuse, une nouvelle céphalée qui n'est pas en rapport et qui peut par exemple être d'origine tumorale.
    Le premier message est donc que toute modification de céphalées habituelles doit faire remettre en cause le diagnostic initial déjà connu.

I - Les céphalées aigues

   A début brutal, en coup de poignard : elles correspondent à une hémorragie jusqu'à preuve du contraire.
   La sémiologie est stéréotypée : le patient décrit spontanément ses céphalées comme explosives, accompagnées d'un malaise qui peut tout à fait être minime, et avec un examen neurologique souvent normal.

   Les autres causes de céphalées aiguës sont :

  • soit infectieuses : - méningite ou infection cérébro méningé (QS)
  • soit vasculaires :
    • - AVC s'il existe des signes de localisation, le diagnostic d'AVC est aisé.
    • thrombophlébites où il existe souvent un contexte évocateur (post-partum, infections O.R.L., etc...) dans lesquelles les céphalées sont toujours majeures et restent le symptôme essentiel. Il peut s'y associer des crises d'épilepsie, des signes de localisation, voire rapidement des troubles de la conscience,..
    • dissections, c'est la cause la plus fréquente d'accident vasculaire du sujet jeune.
  • soit des céphalées projetées d'affections ORL, OPH, stomato, cervicales
  • à part l'hypertension artérielle, qui en fait est beaucoup plus souvent secondaire à la pathologie responsable des céphalées qu'à l'origine des céphalées.

II - Les céphalées subaigues progressives

   L'hypertension intracrânienne :

    Il y a peu de signes spécifiques de l'hypertension intracrânienne, en dehors bien sûr de signes de localisation. Il faut insister sur la gravité des éclipses visuelles, des torticolis, dans ce contexte, et sur la valeur du scanner et de l'oedème papillaire au fond d'oeil.
    Les causes les plus fréquentes sont :

  • tumeur cérébrale
  • abcès
  • les thrombophlébites QS
  • l'hématome sous-dural qui peut tout à fait être différé par rapport au traumatisme
  • l'hypertension intracrânienne bénigne où le fond d'oeil retrouve un oedème pupillaire et où le scanner est normal, en tout cas ne montre pas de processus expansif. Le diagnostic repose sur la ponction lombaire, avec une pression du LCR élevée. Il faut bien sûr à ce moment-là également éliminer une thrombophlébite qui peut donner ce type de tableau, et rappeler le risque ophtalmologique (atrophie optique) de l'hypertension intracrânienne si elle n'est pas traitée.

    La maladie de HORTON

    Toutes céphalées d'apparition récente avec une altération de l'état général, des douleurs rhumatismales, chez un sujet âgé, doit faire pratiquer une vitesse de sédimentation qui si elle est élevée doit faire penser à une maladie de HORTON avec ses risques ophtalmologiques et neurovasculaires.

III - Les céphalées chroniques

   Intermittentes, elles évoquent trois diagnostics qui sont avant tout la

  1. maladie migraineuse, (QS)
  2. l'algie vasculaire de la face.
    Contrairement à la migraine il s'agit surtout d'une pathologie masculine dont le diagnostic est clinique : une à trois crises par jour, le plus souvent toujours du même côté, durant en moyenne une heure, faites d'une hémicrânie atrocement douloureuse, s'accompagnant de signes vasculaires unilatéraux, survenant tous les jours pendant une période de un à trois mois
  3. la névralgie du trijumeau
    Le diagnostic en est également clinique : décharges électriques dans le territoire de l'une ou plusieurs branches du trijumeau, survenant en salves, déclenchées parfois par la mastication, la déglutition, la parole, avec une trigger zone.
    Le plus souvent essentiel, l'examen neurologique et le scanner sont normaux. Elles sont alors sensibles aux anti-épileptiques, avant tout le TEGRETOL.
    L'inefficacité de ces traitements ou leur non tolérance doit faire pratiquer, quel que soit l'âge, une thermocoagulation ou une alcoolisation en milieu neurochirurgical.

   Permanentes, elles évoquent trois pathologies qui ont en commun probablement une origine psychosomatique :

  1. les céphalées de tension qui représentent 50 % des céphalées, elles sont permanentes et anciennes et pendant longtemps relativement bien supportées. Typiquement elles sont en casque, elles peuvent devenir intolérables et motiver la consultation. Le contexte ou l'existence de signes comme des paresthésies du cuir chevelu est évocateur. Le traitement repose sur les tricycliques.
  2. la névralgie d'Arnold
    Il s'agit donc de la souffrance du grand nerf occipital d'Arnold ou de sa racine C2. Normalement celui-ci se termine sur le vertex, mais du fait de nombreuses anastomoses, il peut y avoir des signes allant jusqu'à la région orbitaire. On retrouve cliniquement une douleur suivant donc ce trajet qui est évocateur, qui est augmentée par les mouvements de rotation cervicale avec une douleur à la pression du point d'Arnold.
  3. les dysfonctionnements des articulations temporo-mandibulaires.
    Il existe des céphalées, des algies faciales qui augmentent typiquement à la parole ou à la mastication, avec une asymétrie ou une diminution de l'ouverture buccale, des bruits et des craquements des ATM et des douleurs la pression de celles-ci, avec parfois une subluxation.
    Il n'existe pas toujours une pathologie intra-articulaire véritable, comme par exemple en cas de traumatisme, de polyarthrite rhumato•de ou de mal occlusion, mais parfois il s'agit seulement d'un dysfonctionnement du système neuromusculaire de ces ATM.
    Cela rejoint donc les céphalées de tension, en sachant que souvent il existe quand même des problèmes de mal occlusion qui peuvent tout à fait être traités par un bilan stomatologique avec prescription de gouttière associée à des anti-inflammatoires et des myorelaxants.

IV - Les autres céphalées plus exceptionnelles

  • Céphalées par prise ou arrêt de médicaments ou toxique .
  • Céphalées associées à une affection métabolique .
  • Les céphalées par hypotension du LCR qui ont un caractère postural très net et qui peuvent notamment survenir au décours d'une péridurale.
  • Les hémicrânies paroxystiques bénignes sensibles à l'INDOCID qui rappellent les algies vasculaires de la face mais en beaucoup plus bref, et dont les accès sont plus fréquents.
  • Les céphalées qui sont liées à la toux mais qui sont explosives très brèves, qui surviennent surtout chez l'homme, sensibles à l'INDOCID et à l'AVLOCARDYL.
  • Céphalées fonctionnelles sans lésions intra crânienne liées au froid, à l'exercice physique, aux relations sexuelles