FMC l'étoile

Les fiches P.S.S.P. Gynécologie-Obstétrique

Pratiques, Simples, Sans Prétention.

17.10.1998

Docteur Albert Ohayon

                 Etre humain ou ne pas être, serait-ce la question ?

 

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L'Examen du Col Utérin

  Lorsqu'on fait un examen gynécologique, et certains d'entre vous en font, on peut, "regarder" le col, ou faire une colposcopie.
  Entre ces deux extrêmes, il y a la place pour un "examen" du col, une sorte de screening, destiné à filtrer, et à adresser au colposcopiste les cas douteux ou pathologiques. C'est le propos de ce petit topo.
  Vous devez certainement être familiarisés avec des mots tels que "col", "exocol", "endocol", épithélium cylindrique, glandulaire et épithélium malpighien, stratifié. Peut être un peu moins avec les notions de zone de transformation et de jonction squamo-cylindrique.
  La jonction, c'est la ligne, la frontière entre, en dedans l'épithélium cylindrique, glandulaire, avec un aspect papillaire, grappe de raisin, raisin jeune, et en dehors le revêtement de l'exocol.
  Pour comprendre et visualiser la zone de transformation, il faut savoir qu'avant la puberté, l'épithélium cylindrique recouvre une partie du col, sa limite externe est en dehors de l'orifice anatomique du col, bien en dehors. Une grande partie de cet épithélium va subir une transformation, centripète, pour ressembler à l'épithélium malpighien, pluri-stratifié qui l'entoure. Le jour où vous examinez ce col, la transformation a progressé pour aboutir à la jonction que vous trouvez aujourd'hui. La zone de transformation, c'est la zone comprise entre l'ancienne frontière et la frontière actuelle, qui n'est autre que la jonction, comprise donc entre le cercle dessiné précédemment et celui qui se dessine aujourd'hui.
  Examiner un col, c'est s'intéresser à cette zone de transformation. C'est de cette zone que naîtront les anomalies cytologiques. Faire une colposcopie, c'est utiliser un colposcope pour préciser ce que l'on a trouvé à l'examen et diriger les biopsies qui doivent se rapprocher le plus possible de la jonction, parce que c'est à son niveau que les anomalies cytologiques sont le plus prononcées.
  L'examen du col comporte trois temps.
  Auparavant, pour exposer le col, on pose un spéculum, on essaie de ne pas léser le col en le posant. Un petit truc pour la pose: diriger toujours le spéculum nettement en arrière, vers le coccyx et ouvrir après, quand il est au fond. Dans 80% des cas, vous aurez le col.
  Le col est exposé, 3 temps donc: Le premier, examen sans préparation. Le deuxième, on arrose ou on tamponne le col avec une solution à 3 ou 5% d'acide acétique. Le troisième, on fait de même avec du lugol fort, une solution iodée.
   Examen sans préparation:
  Un col normal est rose, homogène. Je vous rappelle que lorsque l'on observe un col, on voit un stroma à travers un épithélium. L'aspect retrouvé résulte donc du stroma et de l'épithélium qui le recouvre.
  Quand le col n'est pas uniformément rose, on peut y voir des zones rouges ou des zones blanches.
    La zone rouge .
  Elle est le résultat soit d'une augmentation de la vascularisation du stroma, soit de la diminution de l'épaisseur de l'épithélium. Si le stroma est plus rouge, le col sera plus rouge. De même si le stroma normal est recouvert par une pellicule plus fine.
     - Augmentation de la vascularisation du stroma, deux causes : inflammation ou dysplasie.
     - Diminution de l'épaisseur de l'épithélium, deux causes : l'épithélium cylindrique ou l'atrophie de l'épithélium malpighien. Voilà pour les zones rouges.
    La zone blanche.
  Elle résulte de deux situations, la diminution de la vascularisation ou l'augmentation de l'épaisseur de l'épithélium.
     - Diminution de la vascularisation du stroma dans l'atrophie post ménopausique par exemple.
     - Augmentation de l'épaisseur de l'épithélium dans les leucoplasies, une sorte de kératinisation de ce revêtement.
   Le deuxième temps, l'exposition à la solution d'acide acétique.
  Quel est l'effet de l'acide acétique? Cette solution révèle l'activité nucléaire de l'épithélium.
  L'apparence de l'épithélium malpighien normal n'est pas modifiée. Quant à l'épithélium cylindrique, il devient rose, luisant, aspect dit papillaire, grappes de raisin blanc jeune.
  Les zones qui vont blanchir sont dites acidophiles. Elles sont donc le siège d'une activité nucléaire de surface. Vont donc être acidophiles, les cancers, les dysplasies et aussi les métaplasies immatures et les métaplasies matures qui ne sont pas strictement un tissu normal, on les appelle dystrophie.
  Je vous rappelle que la métaplasie, c'est le passage d'un tissu cylindrique à un tissu malpighien.
  Au sein de ces zones blanches, on peut distinguer des ponctuations ou des aspects dits de mosaïques qui correspondent à la visualisation des vaisseaux du stroma à travers l'épithélium. Dans la mosaïque, les vaisseaux courent parallèlement à l'épithélium et dessinent en se croisant des mosaïques. Les ponctuations résultent, elles, de l'aspect des vaisseaux perpendiculaires à l'épithélium.
   Le troisième temps de l'examen du col: le test de Schiller.
  C'est l'exposition du col au lugol fort, une solution iodée. Elle révèle la présence de glycogène dans le cytoplasme des cellules de l'épithélium.
  Notez que l'acide acétique renseigne sur l'activité nucléaire et le lugol sur l'activité cytoplasmique.
  Une cellule contient du glycogène quand elle est mature. Le col normal, l'épithélium malpighien normal est iodo-positif, il se colore en brun.
  Dans quels cas un tissu sera-t-il iodo-négatif ?
  Un tissu normal iodo-négatif, c'est l'épithélium cylindrique. Sur le versant malpighien, le cancer est iodo-négatif, les cellules ne sont pas matures. La dysplasie elle aussi. Les métaplasies immatures et la métaplasie mature qui n'est pas parvenue au stade de tissu malpighien normal non plus ne prend pas le lugol. On peut aussi avoir des zones iodo-hétérogènes. Ce sont souvent des zones inflammatoires, éventuellement virales, HPV principalement. Les aspects les plus fréquemment rencontrés sont les ponctuations blanches et les carrelages inversés, c'est pas le noir qui dessine le carrelage mais le blanc.
   En résumé.
  L'examen du col, c'est plus particulièrement l'examen de la zone de transformation.
  Grâce à trois temps qui chacun vont apporter des renseignements différents et complémentaires.
  L'examen sans préparation, avec les zones rouges et les zones blanches, l'acide acétique qui renseigne sur l'activité nucléaire et le lugol qui donne des notions sur l'activité cytoplasmique.
  Armés de ces connaissances, vous saurez rassurer la patiente, faire un frottis ou adresser pour une colposcopie. Retenez une chose : une zone rouge à l'examen sans préparation, qui blanchit à l'acide acétique et ne prend pas le lugol est fortement suspecte. Ne la laissez pas aller sans l'explorer.
  Cette mise au point a été difficile à écrire. Ça n'a pas été le fait de la complexité du sujet, non. La difficulté consistait à se libérer de l'influence d'un excellent article de Renzo Barrasso et Dominique Weil-Masson paru dans Reproduction humaine et hormones de novembre-décembre 1991.

Irritations Vulvo-Vaginales

  Dans la pratique, une patiente qui consulte pour des irritations vulvo vaginales ne peut pas avoir mille choses.
  C'est, environ, impression personnelle type ordre d'idée, un tiers de candidoses pures, 15% de candidoses associées à un germe banal, opportuniste, type corynebactérie, E. Coli ou steptocque, un tiers de vaginoses, gardnerella surtout, 15% de salpingites, en ce moment, beaucoup de mycoplasmes et peu de chlamydiae et enfin 5% d'herpès.
  La candidose, la symptomatologie est très bruyante. C'est rouge de la vulve au col.
  Si elle est pure, les leucorrhées sont épaisse, type lait caillé et ça démange plus que ça ne brûle, surtout le soir. Les pertes posées sur une petite bandelette Ph, ça donne Ph à 4.
  Moins pure si elle a traîné, les pertes sont différentes, plus liquides, avec un Ph vers 5.
  Vaginose. La vulve est rarement très rouge. Le col non plus. Ca brûle plus que ça ne démange, les pertes sont très abondantes. Elles coulent. Elles chauffent la fourchette vulvaire. Elles empèsent le linge. Elles sont de couleur blanche, voile de vert ou voile de gris. On y voit des petites bulles, quasi systématiquement. Elles sentent mauvais ou vraiment fort. Sur la bandelette ph, 6 facile.
  Salpingite. Facile quand elle flambe. A la pose du spéculum, la patiente bondit. Les pertes sont abondantes, colorées, toutes les couleurs sont possibles. Au toucher, diminution de souplesse évidente et douleur importante, souvent latéralisée.
  Moins facile quand elle ne flambe pas encore.
  Vaginoses ou candidoses à répétition, tableau bâtard type candidose avec, toujours, un col violacé, congestif et un Ph intermédiaire, jamais à 3. Faîtes rechercher, au labo, prélèvement fait sur place, le mycoplasme et le chlamydiae.
  L'herpès. La primo-infection, une vulve enflée, très atteinte. Des vésicules ou pustules ou éraillures d'âge différent et surtout, toujours, un ou des ganglions dans l'aine.
  La résurgence. Facile, la lésion comme on la connaît qui a débuté par un petit prurit et là aussi le ou les ganglions dans l'aine.
  Quand la plainte ne porte que sur un prurit sans signes inflammatoires, penser à un lichen à minima, responsable du symptôme mais là, un dermatologue pourrait mieux en parler.

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Le Toucher Vaginal

  Hormis concernant la souplesse des tissus, personne ne peut recueillir quelque informations que ce soit en faisant un toucher vessie pleine ou demi pleine.
  Si vous attendez des informations de votre toucher, faîtes vider la vessie. Vous serez surpris de l'acuité que cela procure.
  Pour faciliter le toucher.
  La main sus pubienne tire légèrement vers le haut, faisant un peu remonter le triangle pubien.
  Introduire le majeur, une phalange en contact avec la fourchette postérieure. Appliquer une légère pression vers l'arrière.
  Demander à la patiente de glisser un peu sur la table.
  Pendant qu'elle descend, quelques centimètres, on déplie l'index qui passe au dessus du majeur et on pousse les doigts, tendus, immobiles vers l'arrière. On tourne alors légèrement la main, en suppination. . Les doigts sont en arrière du col et on doit alors sentir sur la pulpe le col de l'utérus.
  On met les doigts de part et d'autre du col. Si on butte sur une formation au bout des doigts, l'utérus est rétroversé.
  Ecarter un peu les doigts, on a une idée du volume, de l'anatomie et de la consistance de l'utérus.
  Si c'est libre vers l'arrière, on a les doigts de part et d'autre du col, on relève doucement l'utérus et on cherche à le faire venir sur la main sus-pubienne qui tente de le sentir en pianotant un peu des doigts. Si la patiente est vraiment épaisse, en remuant le col, on doit percevoir l'"écho" anatomique de l'utérus.
  Si elle n'est pas trop grosse, on sent très nettement l'utérus qu'on peut basculer à gauche et à droite.
  Pour examiner les paramètres, on débute par celui qui ne fait pas mal. Les deux doigts dans le vagin passent du côté à examiner. Là, il faut fouiller un peu, en sachant que tout ce qui peut s'y trouver est sphérique. Dîtes le vous, vous verrez, ça aide.C'est la pulpe qui touche. La main sus pubienne pianote là aussi. L'ovaire normal n'est perçu que par la main intra vaginale, une grosse amande.
  Si on sent plus gros, plus large, c'est pas normal.
  Les droitiers examinent mieux le paramètre droit. Ils "trouvent" plus de choses qui sont démenties à l'écho du côté gauche.

 

 

 

 

 

" Et si nous parlions de .....l'hystéroscopie"

  Qu'est ce que c'est ?
  L'examen, à l'aide d'une sonde visuelle très fine, de l'intérieur de l'utérus (la matrice).
  De nouveaux appareils sont diponibles, qui présentent l'avantage d'être flexibles, donc très souples et pratiquement indolores à l'utilisation.
  Comment ?
     - Cet examen dure environ quinze minutes.
     - Il se fait le plus souvent sans anesthésie d'aucune sorte, sauf dans certains cas où l'orifice d'entrée de l'utérus est beaucoup trop étroit, ou bien lorsque l'on veut, en plus du diagnostic, faire une intervention à l'aide de ce même appareil dans l'utérus.
     - Dans les rares cas où l'anesthésie est nécessaire, elle peut être locale.
     - La patiente est en position gynécologique.
     - Le médecin introduit un spéculum pour exposer le col de l'utérus. Il le nettoie et le désinfecte soigneusement à l'aide d'une compresse et d'un antiseptique.
     - Il introduit doucement cette sonde de trois à cinq millimètres de diamètre selon le modèle, qui en même temps éclaire et permet d'observer de l'intérieur, les parois de la matrice.
  A quoi ça sert ?
     - A diagnostiquer la cause des anomalies de saignement.
          . trop de règles.
          . trop souvent.
          . saignements entre les règles.

     - A révéler :
          . les polypes.
          . certains fibromes.
          . le cancer au tout début.
          . les accolements de parois, après les curetages par exemple.

     - A vérifier après une fausse couche qu'il ne reste plus rien dans la cavité.

     - A aller rechercher un fil de stérilet qui serait remonté.

     - A réparer certaines malformations utérines.

     - A rechercher des causes de stérilité ou d'avortements à répétition.

Les Résections par Voie Hystéroscopique.

  La chirurgie par voie hystéroscopique est en plein essor. Vous allez, n'en doutez pas, avoir parmi vos patientes, des indications et tout aussi logiquement des suites de résection à gérer. Vous devez vous y préparer.
  Les principales indications.
    Les lésions intra-utérines bénignes, polypes fibreux ou muqueux, fibromes sous muqueux dont l'angle de raccordement est aigu, hyperplasies endométriales.
    Les méno-métrorragies rebelles aux traitements médicaux.
  Le choix de l'hystéroscopie.
    Je pense qu'on n'utilise pas assez souvent cet examen simple qu'est l'hystéroscopie diagnostique. Il me semble que tout saignement persistant devrait faire l'objet d'une recherche diagnostique incluant l'hystéroscopie. Je dis cela tout particulièrement à l'intention des médecins généralistes. Vous êtes les premiers une fois sur deux à recueillir le symptôme. Vous prescrivez plus volontiers des hystérographies. Je le sais, je le vois. Vous faites appel dans le cas des saignements génitaux à un examen qui renseigne moins bien que la vision directe qu'offre l'endoscopie. Entre des ombres chinoises et l'observation directe, en couleurs, de la cavité, il n'y a pas photo, si j'ose dire.
  Pourquoi ?
    Peut être justement parce qu'il n'y a pas photos, c'est à dire pas d'iconographie. On peut toujours vous fournir une copie du film. La plupart des gynécologues enregistrent les hystéros. S'ils ne le font pas, ils le devraient. C'est très pratique de revoir tranquillement les images ou de comparer les hystéros avant et après traitement.
    La douleur décrite pendant une hystéro diagnostique faite à l'hystéroscope souple est bien inférieure, quand elle existe, à celle d'une hystérographie.
    Est-ce que vous avez la crainte, peut être la certitude, de ne pas revoir la patiente pour ce symptôme si vous la confiez à un gynécologue ? Il y a des chances, n'est ce pas ?
    On rentre là dans des considérations plus de politique confraternelle que de pure efficience thérapeutique.
  La réalisation de l'acte.
    L'anesthésie.
  Les résections endométriales ou ablations hystéroscopiques se font sous anesthésie générale. Quelques confrères qui en ont l'habitude procèdent à un bloc paracervical.
    Le matériel.
  L'hystéroscope est rigide. L'optique est inclinée ou non. Si elle l'est, la vision présente une forobliquité, c'est à dire que ce que l'on voit au centre de l'écran est en fait plutôt un peu plus bas et que si vous voulez voir le "toit ", il vous faut tourner l'optique sur son axe de 180 degrés, c'est pas facile.
  Cette optique va se glisser dans deux autres chemises. La première va guider et mobiliser en va et vient l'outil qui va réséquer, une petite anse semi-circulaire, ou celui qui va cautériser, une petite boule qui roule sur son axe horizontal et qu'on nomme roller-ball. Elle conduit aussi le liquide de distension vers la cavité utérine. La deuxième va recouvrir le tout et réaspirer le liquide par deux petites surfaces percées de petits orifices disposés au bout et en haut et en bas. Elles ont un nom mais je ne m'en souviens pas.
  Le diamètre de cette dernière chemise, la plus large, est de 27 Ch. environ 0,9 cm.
  Il faut donc préalablement dilater le col dans son ensemble pour pouvoir introduire et mobiliser facilement l'hystéroscope. Ne pas le dilater au-delà du diamètre de la chemise opératoire pour ne pas avoir de fuite de liquide.
  Dilater assez pour être à l'aise et faire glisser facilement l'hystéroscope.
  On branche l'arrivée du liquide de distension, une solution de glycocolle à 1,5% et le tuyau de récupération. Ils aboutissent tous deux à un appareil qui contrôle les pressions et le débit. Il faut vérifier que les branchements sont ouverts. En effet, une des causes les plus fréquente de mauvaise distension et de visualisation insuffisante de la cavité est le mauvais retour du liquide. Dans le même ordre d'idée, veiller à ce que les fameux petits orifices soient libres, éloignés de la muqueuse, et sans caillots qui les boucheraient. Notez que ces petits orifices se chargent de débris lorsque l'on change la poche de glycocolle qui s'est vidée. Quand on relance la résection, on a une image moins nette. Il suffit de sortir le résecteur et de nettoyer avec une compresse ces petits orifices.
  Tous ces tuyaux - arrivée et retour liquidiens, branchement sur le bistouri électrique, un Erbé de préférence, lumière froide et gaine caméra - ça limite et gêne la mobilisation du résecteur.
   Le geste.
  Bon, on y est, on a repéré la lésion. On va la raboter.
  Quand on a un peu l'habitude ou qu'on est doué, on repousse vers le fond les copeaux. Quand on ne sait pas le faire, on les retire un par un. C'est plutôt fastidieux.
  Si on doit travailler sur les deux faces, il faut commencer par la face supérieure, à cause des bulles de gaz qui gêneraient en deuxième partie d'intervention. Elles gênent vraiment, croyez moi.
  Si la cavité est trop bien distendue et que l'on a quelques difficultés à creuser avec l'anse, on peut refermer un peu le retour liquidien, la distension se fait moindre, on voit plus de relief, les faces se rapprochent de l'anse. On peut rétablir le flux maximum pour vérifier le résultat.
  Une fois que l'on a retiré la lésion, il faut se soucier de l'hémostase. Le plus souvent, avec les bistouris modernes, la section comporte un certain degré de coagulation qui suffit si on n'a pas entamé le myomètre trop profondément. Si ça saigne, ce que l'on voit plus volontiers quand on a diminué les pressions, on peut coaguler avec l'anse, c'est le truc des paresseux, ou bien avec le roller-ball de petit diamètre, c'est mieux, l'optique n'est pas bouché par la boule.
  L'hospitalisation.
  Pour les petites lésions du type polype fibreux ou muqueux, on peut sans danger les laisser sortir le jour même. Quand on s'est attaqué à un gros fibrome, on les garde au moins une nuit. Entre les deux, ça dépend du gynéco, de son anxiété et du reste. C'est comme dans la vie. Moi, je fais dans la prudence, je défie rarement les éléments.
  Les complications.
    Les complications immédiates.
  Même si elles ne vous concernent pas trop, il vous faut les connaître.
      Plaies du col.
  On saisit le col et on tire dessus pour le dilater dans un premier temps et par la suite pour pousser le résectoscope. On peut le déchirer. Pour éviter cela, on peut utiliser deux pinces à col, situées à 1 heure et 7 heures.
  Ne pas trop tirer dessus pendant l'intervention, il y a risque de léser les ligaments utéro-sacrés.
      Les perforations.
  Il y a celle qui survient au tout début, due à une fausse route lors de la dilatation. C'est sans gravité. Ni pour la patiente, ni pour l'opérateur puisque le ridicule ne tue pas. Il ne reste plus qu'à trouver un prétexte pour expliquer qu'on n'a pas fait l'acte.
  Il y a l'autre, qui peut survenir lorsque la vision est insuffisante, que l'on n'a pas repéré les ostiums. Elle se situe au niveau du fond. Elle n'est pas grave.
  Enfin, il y a la perforation provoquée par une résection trop profonde. Les risques sont tout autres : l'anse électrique a pu léser un élément digestif. Dans ces cas là, tenter de reconstituer mentalement l'incident pour évaluer les dégâts. Si on pense qu'on a pu user du courant alors qu'on était dans la cavité abdominale, c'est pas bon. Il faudra peut être faire une cÏlioscopie pour vérifier les anses digestives. C'est pas facile. Si on ne trouve rien, on n'est pas toujours sûr qu'il n'y a pas eu de lésion. Vérifier les anses, toutes, sous toutes leurs coutures, ça n'est pas aisé, vous l'imaginez.
      Les hémorragies.
  Le mieux, c'est de les éviter, en coagulant les vaisseaux qui saignent en fin d'intervention. Ne pas négliger ce temps. Et ça n'est pas facile de céder à la lassitude de l'infirmière du bloc, aux gros yeux de l'anesthésiste, à la complexité du terrain, j'entends par là l'irrégularité de la cavité une fois la muqueuse réséquée, avec les franges et les petits copeaux qui flottent.
  Certains ont proposé la mise en place de ballonnets, de sonde de Foley. Je n'en ai pas l'expérience, pas encore.
      Les problèmes liés aux fluides utilisés.
  En France, c'est surtout le glycocolle. Le produit est toxique. Les signes cliniques résultent autant de sa toxicité propre que de l'hémodilution dont un passage intra-vasculaire important serait responsable.
  Les signes neurologiques sont les plus précoces, céphalées et troubles visuels. Puis surviennent dyspnée, polypnée et défaillance cardio-vasculaire.
  Pour l'éviter, ne pas allonger l'acte, ne pas recourir à l'hyperpression dans la cavité utérine, régler l'appareil à 100-150 mg. maximum, et enfin éviter de perforer, tout le liquide qui se déversera dans la cavité abdominale sera absorbé.
  Pour dépister la complication, faire une natrémie et une hématocrite pour évaluer l'hémodilution. Confier à l'anesthésiste la surveillance et le traitement diurétique éventuel.
    Les complications différées.
  On est surpris de n'avoir pas plus d'infections post-opératoires. L'acte est long. On entre et sort de nombreuses fois au travers de l'orifice cervical. On devrait en voir beaucoup plus que lors de la pose d'un stérilet.
  On ne prescrit que très rarement une antibiothérapie préventive. On fait néanmoins surveiller la température corporelle pendant les quatre jours qui suivent l'intervention et signaler celles qui dépassent 37.8° .
  Le traitement antibiotique devra comporter un produit réputé efficace sur les anaérobies.
  Les désagréments observés lors des suites.
  Des désordres urinaires, tels de fréquentes mictions pendant un jour ou deux.
  Des saignements irréguliers, des pertes liquides mêlées de débris de muqueuses, pendant plus de six semaines.
  Des douleurs pelviennes à type de crampes peuvent nécessiter la prescription d'antalgiques.
  L'anesthésie est à l'origine de fatigue, nausées et vomissements.
  Les précautions à observer dans les suites.
  Ralentir son activité durant 3-4 jours.
  Ne pas utiliser de tampons durant le cycle actuel et le prochain.
  Ne pas procéder à des douches vaginales.
  Ne pas se baigner en mer ou en piscine durant une dizaine de jours.
  Ne pas prendre de bain durant la même période.
  S'abstenir d'avoir des rapports sexuels une quinzaine de jours.
  Un rendez-vous doit être pris pour évaluer 15 jours après l'intervention les résultats.

Le Frottis d'un point de vue technique.

  C'est un geste facile.
  On pose un spéculum.
  La patiente est couchée sur la table d'examen, talons dans les étriers (pas le pied). La barre horizontale des étriers est plus haute de cinq centimètres environ par rapport à la surface de la table. Ainsi la patiente est obligée d'arrondir un peu le bassin, l'axe du vagin est dirigé vers le haut et on ne se casse pas le cou.
  On utilise le pan de drap d'examen qui pend. On le saisit de la main gauche et on s'en sert pour toucher la peau de la patiente. Ainsi, elle ne sent pas le contact de la main et c'est mieux pour nous aussi. On va écarter la lèvre droite de la patiente avec la main gauche. Les valves du spéculum fermé vont écarter l'autre lèvre.
  Si c'est un cusco, une fois posé, le mecanisme qui sert à l'ouvrir sera diriger vers le haut pour ne pas avoir les doigts sur l'anus.
  Si c'est un collin, j'ai l'habitude de positionner la vis à la droite de la patiente et vers bas.
  Les deux lèvres sont écartées, le spec est vertical puisqu'il met de côté la lèvre gauche. On l'applique sur l'orifice et avant de l'introduire, on le tourne. En prenant appui sur les chairs, en principe, ça ne fait pas mal. Une goutte d'un lubrifiant aide bien. C'est peu de chose et ça vous fait une réputation.
  Repérer le col, vous savez déjà.
  Une fois repéré, on ouvre le spec et on met bien le col au centre, quitte à refermer ensuite un peu le spec quand il est bien visible.
  On ne fait pas un frottis lors des règles mais on ne craint pas à frotter pour avoir de la matière à faire examiner. On peut faire un peu saigner, c'est pas trop grave. Il vaut mieux avertir qu'elle peut avoir quelques taches de sang par la suite et proposer des protège-slips.
  On utilise des spatules destinées aux frottis. Pas d'abaisse langue, pas pratique pour frotter la jonction et c'est pas vraiment élégant de casser l'abaisse langue, ça peut blesser.
  On mouche le col s'il y a beaucoup de leucorrhées ou une glaire vraiment très abondante, sinon, c'est pas nécessaire.
  Vous avez donc une spatule avec un coté " bifide ", plus large et l'autre disons mono. Selon la forme du col, la spatule sera utilisée différemment.
  Quelque soit la forme du col, on commence par la partie externe, l'exocol parce que la partie interne, l'endocol, est susceptible de saigner et ça gênera le frottis de la partie exo.
  Col de nullipare, petit orifice : le côté bifide pour balayer l'exocol. On en prend une deuxième spatule et on utilise l'autre côté, la pointe, qu'on introduit dans l'endocol et on fait un tour complet.
  Col de multipare : le contraire, la partie mono pour l'exocol et la partie bifide sert pour l'endocol. Selon la forme de l'orifice du col on appliquera au centre la partie fine ou l'autre plus large, et on tourne. Gros orifice, au centre la partie la plus évasée du côté " bifide " et inversement.
  Chez la multipare, si on ne voit pas la muqueuse de l'endocol, si la jonction est intériorisée, il faut reprendre le coté mono et le pousser. Si l'orifice du col est synéchié, ne pas hésiter à mettre une petite brosse ou à confier pour ne pas prendre de risque.
  En principe, il faut fixer le plus vite possible. Les puristes disent dès que la lame est faiteÉ Peu d'entre nous sont aussi pointilleux.

" Et si nous parlions du .....frottis"

  Qu'est ce que c'est ?
  C'est l'examen au microscope, par un spécialiste, de cellules du col de l'utérus et du vagin étalées sur une lame de verre.
  C'est un peu comme si, pour déterminer qu'un arbre est sain, on le secouait, on mettait quelques feuilles tombées dans un sac, pour enfin envoyer ce sac à une personne qui sait en examinant les feuilles, voir si l'arbre est souffrant.
  Comment ?
  - En dehors des périodes de règles, assez loin (24-48 heures) d'un rapport sexuel, d'une injection vaginale ou de la pose d'un ovule.
  - La patiente est en position gynécologique.
  - Le médecin introduit un spéculum pour exposer le col de l'utérus, il le nettoie soigneusement à l'aide d'une compresse ou d'un coton.
  - Les cellules sont recueillies en frottant une sorte d'abaisse-langue sur le col de l'utérus, en particulier au niveau de l'orifice.
  - Le matériel obtenu est étalé sur une lame de verre et fixé avec une laque.
  A quoi ça sert ?
  - C'est surtout un examen de dépistage du cancer du col.
  - Plus rarement, il peut mettre en évidence un cancer de l'intérieur de l'utérus ou bien du vagin.
  - D'autres fois, on lui demandera de donner un aperçu des sécrétions hormonales, ou de confirmer qu'une grossesse a dépassé son terme.
  - Il arrive aussi, bien que ce ne soit pas le but, que l'on y diagnostique une infection.
  A quelle fréquence ?
  - A la première consultation.
  - Puis dans l'idéal tous les deux ans jusqu'à la quarantaine.
  - Enfin tous les ans jusqu'à la ménopause confirmée et en maintenant ce rythme si on prolonge les règles en prescrivant de hormones.
  - Les récentes mesures d'économie ont imposé un délai de trois ans.
  - A tout âge si la colposcopie montre des anomalies.

" Et si nous parlions de ...l'échographie par voie vaginale"

  Qu'est ce que c'est ?
  Un examen non douloureux, qui permet d'explorer certains organes du corps humain.
  Comment ?
  - Cet examen dure environ quinze minutes.
  - La patiente est en position gynécologique.
  - Le médecin introduit un guide au bout duquel se trouve une source d'ultrasons miniaturisée.
  - Ce guide est recouvert d'une enveloppe en latex semblable à un préservatif, il sert à éviter les contaminations microbiennes.
  Quel est l'intérêt de cette nouvelle sonde ?
  - Les tissus qui forment les organes sont plus ou moins perméables aux ultrasons. L'image qu'ils rendent en échographie est par là même plus ou moins foncée.
  - La source d'ultrasons dépend de la vibration d'un quartz.
  - Plus le quartz vibre vite, plus les images sont nettes et précises. Mais les ultrasons ne vont pas très loin et la zone explorée ainsi est petite.
  - L'idéal, c'est donc de se rapprocher le plus possible des organes pour utiliser des quartz qui vibrent très vite.
  - En gynécologie et dans les premières semaines de la grossesse, on peut désormais utiliser des sondes miniaturisées que l'on met au contact des organes génitaux en passant par la voie naturelle que constitue le vagin.
  A quoi ça sert ?
  - A voir très nettement les ovaires, à repérer plus tôt les kystes.
  - A voir de très petits fibromes, avant même qu'ils ne se manifestent.
  - A contrôler qu'il ne reste plus rien dans un utérus, après une fausse couche ou un curetage.
  - A diagnostiquer très tôt des grossesses, à vérifier qu'elles sont bien placées. - A retrouver certaines causes de stérilité.
  - A diriger des aiguilles pour ponctionner des formations qu'on était obligé d'opérer avant.
  - J'espère qu'un jour, elle servira à dépister, à grande échelle, le cancer de l'ovaire, celui que les américains appellent "le tueur silencieux".

La Consultation d'Obstétrique.

 

  Une toxémie, une hypotrophie, des métrorragies, une menace d'accouchement prématuré doivent être confiés à une équipe obstétricale disponible 24 heures sur 24, munie de capacités d'hospitalisation et d'intervention.
  Certains médecins généralistes, par goût ou par nécessité, géographique ou autre, prennent en charge les grossesses.
  Cette fiche a pour ambition de les aider à :
    Dépister les grossesses à risque.
    Détecter les grossesses pathologiques
    Assurer le suivi d'une grossesse non compliquée.
    Corriger les petits maux.
  Si vous en êtes, vous conviendrez aussi qu'il est souhaitable de confier à un obstétricien la patiente vers 30-32 semaines d'aménorrhée. Lors de cette prise de contact, il assimilera les éléments de votre suivi, exposera les modalités de l'accouchement et proposera une préparation à l'enfantement.

Contenu et déroulement d'une consultation d'obstétrique "générique".

  C'est en quelque sorte le tronc commun des consultations que vous aurez à accorder lors de ce suivi. Les autres chapitres seront consacrés aux particularités de chaque trimestre de la grossesse. On reprendra, pour les adapter plus précisément aux circonstances, les phases successives de la consultation.
  L'interrogatoire.
  Il débute là par l'écoute. La femme enceinte devance souvent votre attente. Il suffit souvent d'un "Alors ?" elle sort le petit papier sur lequel elle a scrupuleusement écrit toutes les questions qui l'assaillent.
  Parfois, il faudra aussi écouter les accompagnants car elle est rarement seule, la femme enceinte. Ne négligez jamais de répondre à la maman, elle a beaucoup d'influence et se révèle être un auxiliaire de santé précieux dans certains cas.
  Suit l'examen.
  Quelques conseils :
     disposer d'un petit local où la patiente peut se dévêtir.
     Lui demander de se défaire, pas de se déshabiller.
     Faire en sorte que son sac à main soit visible. Eh oui, la confiance règne.
     Ne pas la regarder quand elle retire ses vêtements.
     Ne pas lui parler, elle s'arrêterait pour vous répondre.
     Ne pas rester devant la table, versant pieds, quand elle s'installe, se poster de côté.
     Ne pas lui dire qu'elle a grossi, elle le dira elle-même plus tard.
     Se laver les mains devant elle, soigneusement, elle appréciera et vous le dira.
     Ne pas paraître pressé lors de l'examen.
     Eviter les bruits métalliques du spéculum.
  On n'examine pas systématiquement au spéculum. On le fait à la première consultation, celle du diagnostic, ou s'il y a une raison particulière de voir le vagin ou le col. Le Cusco, dont les valves sont plus rondes, qui permet d'ouvrir et de fermer pour repérer le col, est beaucoup plus facile à utiliser que le Collin avec le petit papillon qu'on visse sur le côté.
  On essaie de ne pas léser le col en le posant, il saigne facilement pendant la grossesse et ça affole la patiente. Si on n'a pas pu faire autrement, il faut l'avertir de ce qu'elle verra des petites pertes marron et la rassurer. Un petit truc pour la pose : diriger toujours le spéculum nettement en arrière, vers le coccyx et ouvrir après, quand il est au fond. Dans 80% des cas, vous aurez le col.
  Un col d'utérus gravide, c'est rose-rouge violacé. Si préexistait un ectropion, il y a de fortes chances de se trouver devant une déciduose. C'est une transformation sans signification pathologique, d'aspect impressionnant : l'ectropion est plus rouge, plus étendu, parsemé de kystes, translucides ou blanchâtres. Pas d'inquiétude, elle disparaît après l'accouchement. Si vous étiez tenté, on peut le comprendre, de vérifier par un frottis pour ne pas passer à côté d'un néo, soyez doux, tout doux. Souvenez vous de la fragilité de ce col.
  La mesure de la hauteur utérine. Un mètre ruban de couturière, coupé en deux au centre, l'un est posé à cheval sur l'étrier droit, l'autre dans un tiroir pour dépanner. C'est la mesure entre le bord supérieur de la symphyse pubienne et le fond de l'utérus. On la prend à partir de 16-18 semaines d'aménorrhée, pas d'intérêt avant. A partir de quatre mois de grossesse, c'est le mois que multiplie quatre.
  Le palper. Destiné à définir la présentation, il ne renseigne qu'à partir de 25 semaines. Avant, ça n'a pas d'intérêt. Un main empaume le fond, tasse un peu l'utérus et l'autre cherche, sur les côtés, le dos, régulier, dont la convexité s'accentue quand on pousse sur le fond. Le plus souvent, il est à gauche et en avant. Quand on le sent pas bien, c'est qu'il est à droite et en arrière. Puis on palpe le bas de l'utérus à la recherche de la tête, ronde, dure, qui ballote entre les deux mains. Demander où la patiente ressent les coups de pied, ça peut aider.
  Les bruits du cÏur. Il faut disposer d'un sonicaid ou équivalent. On n'entend rien avec un stéthoscope classique et il faut beaucoup d'habitude pour se servir du cornet de Pinard. On perçoit l'activité cardiaque à partir de 13-14 S.A.. Le gel est nécessaire comme interface entre le capteur et la peau. Rechercher calmement le cÏur fÏtal. Ne pas balayer mais prendre le point de contact avec la peau comme un pivot et tilter tout autour. Quand l'enfant bouge un membre et que celui-ci traverse le faisceau du capteur, il fait un bruit que l'on reconnaît. Ça peut suffire puisqu'il ne s'agit pas de juger du bien être fÏtal mais de la vitalité. Dans les faits, ça ne suffit pas à la patiente. La fréquence normale est élevée, vous le savez, 180 battements par minute moins le terme. Donc à terme 180-40=140.
  Le toucher vaginal. On voit renaître de temps à autre cette question : est-il utile de faire un toucher vaginal pour surveiller les grossesses. En général, ce sont "les grands esprits" qui la posent.   Le débat ne peut pas être retranscrit ici.
  On pourrait aussi se demander s'il est utile de ne pas faire de toucher. Au total, puisqu'il n'y a pas de demi-toucher, Il faut le faire. Un doigtier deux doigts, un lubrifiant ou de l'eau, pas de savon, c'est très désagréable de faire des bulles toute la journée après la visite et si on devait faire un prélèvement par la suite, il serait faussé. La patiente a les cuisses bien écartées. Le médecin est sur le côté, pas devant, c'est beaucoup plus pratique en cours de grossesse. Devant, c'est bon pour la surveillance de la dilatation lors du travail. On applique le majeur sur le bord postérieur de la vulve, la fourchette. On pousse un peu vers l'arrière en introduisant une phalange et on peut déplier l'index.   Demandez, juste avant d'introduire le deuxième doigt, à la patiente de descendre un peu, ça adoucit considérablement le geste. Le col est toujours postérieur, poussez donc les doigts vers l'arrière, en les maintenant droits. La pulpe trouve le col. Au dessus du col, l'isthme ou le segment inférieur, ça dépend du terme. Evaluer la pression qu'applique le pôle fÏtal, ce que l'on peut appeler le signe de l'entonnoir. C'est évasé ou pas, c'est fin ou pas. Puis appréciez la longueur, une phalange, et sa consistance. Reculez un peu et appliquez le majeur au centre du col, sans pousser. C'est ouvert ou fermé. N'allez pas plus loin, c'est inutile, vous en savez déjà assez.
  C'est défavorable quand
     l'entonnoir est évasé,
     le pôle fÏtal est bas,
     on en sent bien les détails à travers le muscle utérin,
     le col est court, à décrire en 3/4, 1/2 long
     il permet d'appliquer le doigt au delà de l'orifice externe.
  La tension artérielle. Elle est basse pendant la grossesse. C'est sans signification péjorative. La maxima oscille entre 8,5 et 11 le plus souvent. Méfiez vous des tensions plus hautes, elles vont évoluer.
  La pesée. Il faut toujours la faire. Ça n'a que peu d'intérêt pour la surveillance mais la patiente y tient. Elle tient aussi à cette petite moue que vous ferez quand elle vous annonce le poids.

Les consultations du premier trimestre.

  En premier lieu il y a celle au cours de laquelle on fait le diagnostic de la grossesse. Souvent les Bhcg ont été faits. Il faudra régulariser avec une prescription ante-datée. Eh oui ..!
  Les points importants à ressortir ou à découvrir :
     le nombre des précédentes grossesses.
     les grossesses extra-utérines, les fausses couches spontanées, les I.V.G.
     leur déroulement, les accouchements prématurés, les hypertensions, les prurits, les accidents plus graves.
     leur issue, les poids de naissance.
     les malformations apparues dans la famille.
     les conditions de vie.
  On peut utilement faire remplir un questionnaire par la patiente qui le rapportera à la prochaine consultation.
  Pour le diagnostic, en principe, le toucher ou les Bhcg suffisent. On aimerait bien pouvoir avoir une échographie. Elle n'est en principe pas autorisée. Cela semble dépendre des situations locales et de la plus ou moins grande permissivité des caisses.
  Cette échographie présente de nombreux avantages hormis celui de satisfaire l'impatience de la maman.
     Elle permet de conforter le diagnostique de la grossesse, évitant dans de nombreux cas la prise de sang.
     Elle précise la date du début de grossesse.
     On y diagnostique les grossesses multiples.
     Elle permet aussi de s'assurer de la bonne situation de l'Ïuf.
  Si cela risque de faire perdre une des trois autres échos, mieux vaut ne pas la demander et attendre une indication.
  Les premiers examens biologiques.
  Groupe sanguin, sérologies toxoplasmose, rubéole ont parfois été demandées en prénuptial ou lors d'une précédente grossesse. Sont nécessaires en plus, les sérologies B.W. et H.I.V., l'albumine et le sucre dans les urines. En option, on demandera la glycémie s'il y a des antécédents familiaux ou personnels et l'uricémie, utile en cas de de survenue d'une toxémie gravidique. On complétera si la patiente a un lourd passé de pathologie obstétricale, les anticorps antinoyaux, anticardiolipines et les sérologies C.M.V. et parvovirus B19.
  La symptomatologie du premier trimestre.
  Recherchez les douleurs pelviennes symétriques type veille de règles, sans signification péjorative, les nausées, les vomissements et la constipation. Redoutez les malaises, les vomissements incoercibles, les métrorragies et les douleurs latéralisées.
  Les prescriptions.
  Elles dépendent de la symptomatologie certes, mais peuvent aussi la devancer, pour les nausées ou la constipation par exemple. Prescrivez de l'acide folique dès le diagnostic fait, c'est une bonne prévention du défaut de fermeture du tube neural.
  Ne vous précipitez pas pour déclarer la grossesse, attendez neuf semaines d'aménorrhée, autant par superstition que pour être sûr que la consultation se fera à cette période là.
  La première échographie obstétricale est prescrite pour la douzième semaine d'aménorrhée. Son intérêt :
     La vitalité cardiaque est bien retrouvée.
     L'embryon a l'âge qu'on lui prête.
     La voûte crânienne est complète.
     Il possède quatre membres, de trois segments chacun.
     L'ombilic n'est pas le siège d'une hernie.
     Le placenta ne recouvre pas l'orifice du col.
     La clarté nucale mesure moins de 3 mm.
  Vous reverrez votre patiente à 13 S.A. pour prendre connaissance de l'échographie, l'examiner et lui proposer le triple test. Celui-ci doit être fait entre 14,5 et 17 SA. La décision d'y avoir recours ou non lui revient pleinement. Informez la mais ne la conseillez pas car, menée au terme de sa logique, l'amniocentèse et les risques encourus pourraient vous être reprochés en cas de négativité de celle-ci. A la fin de cette consultation, et jointe à la prescription, vous lui remettrez un document attestant du conseil génétique que vous lui avez prodigué.

Les consultations du deuxième trimestre.

  La symptomatologie du deuxième trimestre.
  La dyspnée d'effort, les crampes, les jambes lourdes, les céphalées, les brûlures Ïsophagiennes et les vulvo-vaginites à candida font partie des petits maux ne nécessitant guère qu'un traitement symptomatique. Ce trimestre est plutôt épargné par la grosse pathologie.
  Les prescriptions.
  Du fer pour la dyspnée, un antiacide ou un surnageant pour le pyrosis, ajoutez systématiquement du fluor à 16 S.A. à remplacer par un cocktail de vitamines vers 21 semaines. N'oubliez pas de proposer une crème antivergetures.
  Les examens biologiques.
  Avec l'albumine et sucres dans les urines, il y a la surveillance des sérologies, interrompue à 20 S.A pour la rubéole, et des agglutinines irrégulières en cas de rhésus négatif. En cas d'activité utérine marquée ou de métrorragies, prescrivez un ECBU et un prélèvement vaginal avec recherche de mycoplasmes. Aux alentours de 24 S.A. il faut rechercher un diabète gestationnel par un screening test type O'Sullivan : une glycémie prélevée une heure après l'absorption de 50 grammes de glucose. Pas besoin d'être à jeun avant l'ingestion de glucose. On accepte des glycémies jusqu'à 1,40 g. En dessous de 0,90g, on peut redouter et guetter l'apparition d'une hypotrophie fÏtale par la suite.
  L'échographie principale, celle dite morphologique est prescrite vers 22-23 S.A. Ne confiez cet examen qu'à un échographiste de haut niveau, disposant d'un matériel performant. Ce que l'on attend, vérifier :
     la croissance et l'harmonie des différents segments du squelette.
     les structures cérébrales, les ventricules à la recherche d'une éventuelle dilatation.
     le cÏur et la bonne disposition des vaisseaux.
     l'estomac et tout le tractus digestif.
     les reins et la vessie.
     la face pour éliminer en particulier une fente palatine.
     Les petits signes qui font craindre une anomalie chromosomique.

Les consultations du troisième trimestre.

  La symptomatologie du troisième trimestre.
  La dyspnée, les jambes lourdes, les hémorroïdes, l'insomnie, tout cela enrobé d'une bonne dose de raz-le-bol, c'est l'essentiel des petits maux de ce dernier tiers. Il y a plus sérieux, les contractions utérines, les saignements, l'élévation des chiffres tensionnels et l'hypotrophie fÏtale.
  Les prescriptions.
  Vitamines, anti-acides ou surnageant, crème anti-vergetures, fer pour les dyspnéiques, voilà pour les petites gênes. Les activités utérines de moyenne importance, on les calme par magnésium (le sulfate) et spasfon. Quand elle est plus sérieuse, un ECBU, un prélèvement vaginal avec recherche de mycoplasmes puis arrêt de travail et repos en première intention. Antibiothérapie avec ou sans germes retrouvés aux analyses et béta-mimétiques à doses fortes puis décroissantes sont nécessaires en cas de persistance. La recherche de fibronectine dans les sécrétions vaginales est un bon marqueur du risque d'accouchement prématuré.
  Les examens biologiques.
  Toujours albumine et sucres dans les urines, surveillance des sérologies et agglutinines irrégulières quand c'est nécessaire. C'est le moment de prescrire une numération-formule sanguine, la deuxième détermination du groupe sanguin et la recherche de l'antigène Hbs. Les examens pour la péridurale sont prescrits par l'anesthésiste. Une consultation est prévue au neuvième mois.
  L'échographie. C'est celle de la croissance fÏtale.
     Biométrie fÏtale et comparaison aux tables de croissance.
     Vérification de certains organes dont le développement survient tout au long de la grossesse, notamment le cÏur et les reins.
     Focale sur le tractus digestif, dont le fonctionnement se précise plutôt en deuxième partie de grossesse.
     Position et degré de vieillissement du placenta.
     Dopplers fÏtaux placentaires, cérébraux et utérins. Index de résistance et recherche du Notch pour les utérines.
     Un petit coup d'Ïil en passant aux voies excrétrices du rein droit de ... la mère. Les pyélonéphrites recrutent dans cette population de bassinets dilatés.
  Voilà, transmettez le tout, vos examens, la biologie et les échos, à votre correspondant. Ecrivez lisiblement et passez un petit coup de fil si ça vous fait plaisir, s'il a pas trop la grosse tête et qu'il est assez sympa.
  Vous reverrez le bébé, dès l'accouchement dans le meilleur des cas ou le soir du premier vaccin fait par le pédiatre, avec une petite fièvre, dans les cas moyens.
  Le métier est parfois ingrat, n'est-il pas ?

17 octobre 1998

                                                    Hit-Parade                                              

 

 

 Je suis Albert OHAYON, gynécologue-obstétricien "de ville".

  Cette dénomination, auto-proclamée, résume bien mes conditions d'exercice, tant matérielles qu'intellectuelles.

  J'assume ce qu'elle a de restrictif : je ne pratique pas la recherche médicale, la grande chirurgie ou l'audace thérapeutique.
  Je revendique ce qui m'a séduit en elle : un médecin parmi vous, qui soigne, gère et dépiste.
  J'exerce dans le sud de la France.
  Je suis marié à une femme adorable et j'ai deux enfants.